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Culture
Colloque International du RIARC
Le Colloque international marquant le 10ème anniversaire du RIARC (Réseau des instances africaines de régulation de la communication) a clos ses travaux le jeudi 21 août 2008, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny à Yamoussoukro. Une cérémonie qui a pris fin à Abidjan le samedi 23 août à l’occasion d’un dîner-gala. Du rapport général du colloque, il ressort - selon une synthèse du président du comité scientifique, le Professeur Séry Bailly, et « de l’avis de tous les participants » que la subvention est d’une grande nécessité pour mieux réguler. Cependant, cet apport ne doit être perçu comme une « corruption », a-t-il indiqué. Déjà, pour la bonne tenue en Côte d’Ivoire de l’anniversaire du RIARC, des indices avaient été donnés avec la prise en charge « totale » par le Président Laurent Gbagbo. Il a été donc remarqué que la survie du RIARC dépend de l’implication de tous les pays africains. L’absence cependant de certains pays anglophones – Afrique du Sud, Gambie, Liberia, Sierra Leone, Nigeria – aux assises n’a pas été condamnée car ceux-ci n’ont pas donné le motif de leur absence. Laurent Gbagbo fait parrain permanent du réseau, à l’ouverture des assises, a accepté d’être l’avocat auprès de ses pairs africains. L’exemple à suivre est, sans conteste, celui du Bénin qui dégage à hauteur de 300 millions un budget (annuel) pour le RIARC qui y a d’ailleurs son siège. Pour le ministre ivoirien de la communication, Ibrahim Sy Savané, le colloque international est une invitation pour ériger des digues « non pour assécher mais, pour faire monter la qualité ». Pour ce qu’il a qualifié de « réussite continentale », Urbain Traoré, représentant le président du RIARC Luc Tiao et par ailleurs vice-président du Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso, a témoigné que les assises tenues en Côte d’Ivoire augurent d’un nouveau départ du réseau. Au chapitre des thèmes débattus, le professeur de Droit et ancien Doyen de l’UFR des sciences juridiques et politiques à Abidjan, Boniface Ouraga Obou qui a porté sa réflexion sur la régulation électorale en Afrique a insisté sur l’indépendance « totale » des instances de régulation chargées de l’organisation des élections. Un intérêt a été porté sur la prédominance, par ailleurs, des NTIC qui agit « naturellement » sur la régulation. Pour le journaliste sénégalais Abdou Latif Coulibaly, directeur de l’ESSIC, le monde avance dans ce contexte actuel vers une troisième génération de régulation avec Internet qui arrive après la régulation de l’eau et l’électricité. La régulation de l’Internet est une question « complexe » tout comme celle des médias, a indiqué de son côté Annie Noble-Bart, directrice du Centre d’Etudes sur les médias de l’Information à l’Université de Bordeaux III. A la question de savoir pourquoi réguler Internet, Jean Claude Guyot du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de la Belgique demande, pour qu’une véritable industrie culturelle se développe, d’avoir un regard sur la personne humaine, le développement de l’industrie et médiatique. L’expert en NTIC aux USA, l’Ivoirien Demba Traoré qui a relevé les enjeux de la révolution numérique dans la régulation fait comprendre qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer. Internet n’est pas régulé à cause, précise-t-il, de fortes pressions exercées par les tenants de la mondialisation. « C’est plutôt des problèmes d’ordre juridique ou, plus précisément, des rapports de force entre ceux qui détiennent cette technologie et ceux qui la consomment », a-t-il expliqué et de rassurer les Africains que Internet, loin d’être un danger, ou encore un monstre « peut être dompté pourvu qu’on se mette au travail ». Carte postale de Yamoussoukro« Derrière les images de la carte postale, il y a toujours la vie de la triste réalité. Celle sur qui on pose un voile, celle qu’on ne veut montrer aux étrangers », chante l’artiste Kajeem. Il n’y a pas de doute que les participants au colloque international marquant le 10ème anniversaire du RIARC – pour ceux qui étaient à leur première visite en Côte d’Ivoire – garderont le souvenir d’une belle carte postale. Balade lagunaire. C’est beau ce qui accroche le regard. Ile Boulay, la Baie des Milliardaires, le Cimetière des bateaux. Cap sur Assouindé Coki Plage en passant par Bassam et Bonoua. Du rêve à vendre. Et l’on entend s’échapper « votre pays est riche et beau ». Ou encore l’appréciation de ce Camerounais en route pour Yamoussoukro : « tu ne verras autant de bitumes chez nous ». Un autre félicite « Houphouët-Boigny a pensé le développement de son pays ». Un bâtisseur donc. Au point que nationaux et étrangers ne trouvent de qualificatif « plus grand » une fois aux pieds de la Basilique Notre Dame de Yamoussoukro. La plus grande du monde. « Après avoir vu la Basilique, plus rien n’impressionne. Les choses à voir c’est à Yamoussoukro, pas à Abidjan », lance un Tchadien. Malgré la crise, la vitrine ivoirienne n’a pas été brisée dans sa totalité. Et mieux, naissent des chantiers pharaoniques : l’Hôtel des Parlementaires qui, de loin, donne « l’allure d’un bateau sur la mer », qualifie le Tchadien ; l’Assemblée Nationale, la Palais présidentiel, en construction à l’autre bout de la ville de Yamoussoukro, capitale politique. Comme le chant de l’artiste, une pensée relevée du ministre Ibrahim Sy Savané dit que l’Afrique a tous les indicateurs de sa croissance et présente, en face, les indicateurs de sa pauvreté, de son sous-développement. Ainsi, les participants au colloque international du RIARC, touristes en passant, ont été tous comblés. Pas choqués par la « triste réalité ». Ils sont pourtant passés à côté de la laideur de la ville en chantier où, contrairement, les autorités de Yamoussoukro et la population sont spectateurs d’un désespoir. Le service de salubrité a arrêté de fonctionner net. Et la ville croule sous le poids des ordures. Pas besoin d’aller loin pour constater. Dioulabougou, quartier qui abrite la « superbe » Fondation Félix Houphouët-Boigny. Le code de la route n’est pas respecté. « Il faut être un habitué pour savoir marquer un arrêt là où il faut », indique un chauffeur de taxi. Difficile de voir un panneau stop à plusieurs carrefours dans la ville. Les automobilistes, eux, serpentent les larges voies, autrefois belles. Le bitume fait place, à 45%, à des « digues » où l’on y déverse des « immondices » … en plein carrefour (Dioulabougou, Petit marché du Mô Faitai). Là, le maire se permet, selon les témoignages de riverains, d’installer sans gêne, à l’intersection de deux routes, une grande poubelle contribuant ainsi à la dégradation du bitume. Une image qui attristerait sûrement le Camerounais. Sous Félix Houphouët-Boigny, cette voie était beaucoup empruntée – lors des cérémonies à la Fondation - car elle est l’une des voies qui accède à l’entrée principale de la bâtisse en quittant le boulevard principal qui traverse la ville. En se focalisant sur les grands chantiers de la ville, si rien n’est fait à Yamoussoukro, la population empruntera la désolation du Camerounais : « chez nous, il n’y a plus de bitumes ». K. Saydoo
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