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Culture: Concert à
Abidjan
Respect. C’est le sentiment qui s’affiche après s’être laissé entraîner (le public) par la jeunesse d’énergie que garde encore l’artiste Jamaïcain qui a reçu son éducation musicale à London, en Angleterre depuis 1963. D’une démarche lente et respectueuse, I Jah Man Levi, canne en main, habillé d’un costume assortis d’un chapeau aux mêmes couleurs, paires de basket apparaît sur la scène longtemps après 22 H. Et comme il l’avait signifié, sa présence scénique ne devait être quantifié en terme de titres à jouer car, pour l’Afrique, il donnait toujours plus. Ce plus, ajouté à sa musique - qui traverse le temps et les époques sans subir et donner des airs de « Old school » ou vieille école - n’est autre que la transmission, souvent avec mélancolie, de son vécu, ses émotions, ses joies et peines. La force de sa musique, I Jah Man ou Serfi Selassie (son nom spirituel qui signifie l’épée de la Trinité comme signifié dans Hail HIM, son premier album) la tire dans le spirituel. ‘’Je ne veux pas être une victime, mais pour Jah je veut l’être’’, chante t-il sans oublier de citer chaque fois des versets biblique. Beaucoup puriste donc, il aime à dire qu’il n’a que faire du volet physique. Une musique donc qui coule de source. Certains mélomanes ivoiriens ont pourtant craint que la musique de I Jah Man Levi, pour n’être pas à la mode donc considéré « has been », ne puisse faire déplacer autant de monde le vendredi 2 mai 2008 à l’Espace Anoumabo du palais de la culture à Abidjan Treichville. “Who feel it, knows”, diraient les rastas pour laisser libre choix à la sensibilité de chacun face à la musique de celui reste une icône du reggae. Responsables d’entreprises, cadres, personnes anonymes et respectueuses, tous étaient au rendez-vous pour garder en soi le témoignage de ce qui restera un spectacle, mémorable, difficile à conter. Mais, I Jah Man Levi et ses cinq musiciens Steve Right, Moses et les autres, ont puisé dans le vaste répertoire de l’artiste Jamaïcain pour retracer un bout du parcours de l’artiste marqué de plusieurs succès. Africa, Lilly of my valley, Victim, Sweet lady ont réveillé, pour beaucoup, les souvenirs tant c’était l’hystérie aux premières notes de plusieurs titres qui étaient connus du public. Sur les notes de « Jah is not secret » qui était une presque transmission de la transe, le ministre de la ville et de la salubrité, Mel Théodore n’a pu se contenir de là où il se trouvait pour se retrouver sur la scène avec le chanteur. Avec « Freedom », I Jah Man a rendu hommage à ses amis Bob Marley, Jacob Miler, Peter Tosh. Il ne pouvait mettre fin à son concert sans partager le fardeau de sa vie en gratifiant « Jah heavy load » chanté avec toujours force émotive, un partage du mal qui le ronge dans la réalité de sa vie. Alpha Blondy qui était là dès le début et qui s’était assis dans les loges pour suivre, depuis la vidéo, I Jah Man sur scène, l’y a rejoint à la fin, en présentant ses jeunes frères dans le métier, Serges Kassy et Ismaël Isaac.
Koné Saydoo
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