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Culture Cinéma : Après de l’Océan Un « parfum » de Latour bientôt sur les écrans abidjanais
Avant de plonger le téléspectateur dans cette aventure faite de « désillusion et d’amour », c’est une bande animée de guerriers Songhaï, sur des chevaux, dans un désert qui déroule une vieille tradition dans certaines sociétés, africaines. Pour la réalisatrice, les Africains se sont toujours déplacés. « Une tradition poussée depuis l’Islam », fait-elle remarquer. Le voyage, à la base, s’explique par ce besoin d’aller « chercher ailleurs la connaissance ». Dans « Après l’Océan », Eliane construit le (son) scénario « comme une tresse », entre l’Afrique et l’Europe. Selon le récit qu’elle fait, Après l’Océan «enlace» les deux continents à travers deux destins : « l’ascension » à tout prix – escroquerie, mariage blanc – et la lutte contre le « désespoir ». Ainsi, Eliane présente Otho qui est le « miroir » de Shad qui trime pour envoyer au pays de l’argent à la famille – Gabriel Zahon son père muet – « pour ne jamais avoir à subir le sort de son ami ». Tout comme Bronx Barbès fait une rupture avec la vision sinistrée de l’Afrique, Eliane de Latour toujours avec un regard neuf sur l’Afrique – qu’on « ghettoise » – veut amener, à travers son nouveau film, à changer de regard sur les « binguistes » ou immigrés. La réalisatrice présente à la fin de son film, qu’elle bâti sur « comment réussir », un « duel moral » entre les acteurs Otho et Shad. « La trajectoire de la honte en Afrique éclaire celle de la lutte pour l’honneur en Europe », décrit Eliane. Tourné en juste trois mois, « Après l’Océan » est une production de trois pays : France, Côte d’Ivoire et Angleterre. Qualifié d’ « hybride et de métissée » par la réalisatrice, le film est un « grand mélange » d’acteurs de toute provenance qui portent ensemble une même histoire : Après l’Océan. Si le film intègre des chants originaux – enregistrés en live – de divers artistes ivoiriens de différents styles, et principalement l’ensemble vocal de la Chorale Sainte Cathérine de Yopougon, une recherche « d’unité musicale sonore », Eliane s’est dit frappée du « live » qui fait échos dans la ville et – quelque part – dans les rues à Abidjan, « siège d’un phénomène vocal unique ». Ce « goût d’Abidjan » qui est le titre (défini) de l’album « Abua’taam » inspiré par Eliane de Latour confine différents rythmes, sur lequel est servi – entre autres – un Tiken Jah qui pose en a capella sur une guitare acoustique. Sur 18 artistes participants à l’album, l’on peut énumérer Michael Danon, Baby Joe, John Kiffy, Honakamy, la Chorale Sainte Cathérine, etc. En première partie de soirée de chaque projection – gratuite – ces artistes musiciens donneront un concert. Placée sous le haut patronage et en présence de SEM Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’Ivoire, la première projection a lieu le 29 mai à la place Ficgayo et successivement au Palais de la culture – en ouverture officielle –, à Abobo, Kouamassi et Port-Bouët.
Koné Saydoo |
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