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Culture Entretien Femi Kuti : « Mon père n’étais pas un mauvais homme… » Femi Kuti revient avec le très beau Day by Day. Toujours aussi critique vis-à-vis de son pays, le Nigeria, l’artiste engagé semble avoir gagné en apaisement dans sa musique, plus soulful et jazzy que jamais.
Comment s’est passé l’enregistrement de votre dernier album, entre Lagos et Paris ? J’ai notamment travaillé avec Camille et Keziah Jones. Mais ce n’était pas un "gros truc", prestigieux, c’était plutôt amical. Ce sont des amis. Vous avez votre propre salle de concert au Nigéria, The Shrine. Oui c’est un endroit immense, qui peut accueillir plus de 20 000 de personnes. Des gens de ma famille comme mon père et ma grand-mère se sont produits dans l’ancien Shrine (qui a fermé après la mort de Fela en 1997, ndlr). On célèbre l’héritage de Fela. Des grands musiciens afro-américains comme Miles Davis, John Coltrane ou Charlie Parker sont venus y jouer. The Shrine avait été investi par mon père, c’était son repaire. Je suis très heureux, avec le New Shrine que j’ai fait construire près de l’ancien, de poursuivre l’histoire de ce club. Vous êtes le fils aîné de Fela Kuti, est-ce difficile d’hériter d’un tel pedigree ? Je n’ai jamais compris cette question. Comme si j’étais le fils d’un mauvais homme. Je ne suis pas le fils d’un mauvais homme, mais d’un grand homme, qui s’est battu pour les autres personnes. Je l’aime pour cela. De nos jours, de nombreux groupes s’inspirent de l’afrobeat et de Fela, ça vous inspire quoi ? Ca fait longtemps, depuis le début. Paul McCartney a été influencé par mon père, il l’a même rencontré à Lagos. James Brown a été influencé par mon père. Donc je ne suis pas surpris. Fela était sincère, et sa musique parle aujourd’hui pour lui même. Vous pensez que l’afrobeat est encore vivant, et peut évoluer ? Oui. Mon père
fut le créateur de l’afrobeat. Mais c’était il y a longtemps. Et des gens
continuent à le découvrir, en achetant des disques dans les magasins, ou sur
leur ordinateur, et ils se disent "oooh, c’était en 1969, c’était dans les
années 1970"…Je crois qu’on n’a pas fini de découvrir l’afrobeat, que ce n’est
que le début. Aucun. Parce que je veux que ma musique soit aussi pure que possible. Je sais d’où je viens, et je sais où je veux aller. Je crois que j’ai déjà eu assez d’influences dans ma vie. Et quelles sont vos plus grandes influences ? Miles Davis, Charlie Parker, John Coltrane, et mon père. Vous allez jouer en France… Enthousiaste ? Oui bien sûr,
j’aime la France, et le public français. Je suis déjà venu à Paris en 1976, et
ça fait vingt ans que je fais des concerts en France, donc je connais bien !
Et j’adore les croissants de votre pays. Mmmh, les croissants, le matin…On n’a
pas ça chez nous, au Nigeria. Fluctua.net |
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