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SEM Alassane D. Ouattara Président de Côte d'Ivoire






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Economie
Sommet de Doha sur le développement
La fuite des capitaux, le chapitre qui fâchent les africains
Le
sommet de Doha qui s’est tenu le samedi dernier au Qatar semblait très attendu
par les dirigeants africains. Chacun, à l’image du président ivoirien, Laurent
Gbagbo, pensait pouvoir se faire entendre sur la forme que devrait prendre
l’aide au développement des pays pauvres. Malheureusement, leurs discours ne
semblent pas avoir été bien compris par ceux mêmes de qui ils attendent des
aides. La banque Mondial et le Fonds Monétaire International, principaux
bailleurs de fonds ont brillé à ce sommet par leur absence au plus haut rang.
Même si le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-Moon, a tenté de justifier ces
absences par la crise financière que traversent les institutions bancaires
européennes, le manque d’intérêt de ces institutions vis-à-vis des pays pauvres
a plané sur ce sommet. Le président français, Nicolas Sarkozy, a tenté de sauver
les meubles en indiquant que l’aide aux pauvres sera maintenue. Mais, cela ne
pouvait rien enlever au scepticisme des dirigeants africains. D’autant plus que
son pays même a du réduire considérablement son aide au développement. Qui s’axe
plus vers des bourses d’étude. Dans ce tableau moins reluisant pour les
dirigeants africains dont les mains sont toujours tendues,
la conseillère fédérale et cheffe des Affaires étrangères suisse Micheline Calmy-Rey
a mis sa couche de peinture qui est loin de plaire à bon nombre de dirigeants
africains. Celle dont le pays a la réputation d’être le coffre-fort de ceux qui
pillent l’économie des pays pauvres, a indiqué que la lutte contre la fuite des
capitaux s’imposait tout comme celle contre la pauvreté. La Suisse partage
entièrement les préoccupations concernant les effets néfastes pour le
développement des flux financiers illégaux, en particulier l'évasion fiscale, le
blanchiment et le transfert d'avoirs illégaux, a-t-elle déclaré. Dans ce
contexte, elle coopère avec l'OCDE et a adopté la plupart de ses recommandations
telles les lignes directrices sur le Transfert de prix pour les entreprises
multinationales et les administrations fiscales.» Elle a aussi fait remarquer
que la Suisse pourrait coopérer avec d'autres pays pour introduire un impôt à la
source sur les intérêts des capitaux déposés en Suisse. La conseillère fédérale
a ensuite fait part de l'initiative suisse qui vise à restituer les avoirs volés
ou acquis de façon frauduleuse aux pays d'origine. «Il s'agit d'une priorité
pour la politique extérieure suisse. Nous avons restitué 1,8 milliard de dollars
à ce jour», a-t-elle affirmé. Ajoutant qu'aucun autre gouvernement n'a rendu, de
près ou de loin, un tel montant. Avant elle, le sujet avait été touché du doigt
par Sasja Bökkerink, d'Oxfam International, qui a attiré l'attention sur un le
phénomène qui fait que des centaines de milliards de dollars échappent au fisc
dans les pays du Sud: les prix de transfert. Les filiales des multinationales
commercent entre elles et facturent les transactions de façon à payer le moins
d'impôts possible là où elles opèrent. Par ailleurs, elles sont domiciliées dans
des pays qui offrent des rabais fiscaux. «D'autres milliards illégitimes
provenant de la fraude fiscale, du blanchiment de l'argent sale et du
détournement des fonds par des élites atterrissent également dans les
coffres-forts des paradis fiscaux», a souligné en outre Sasja Bökkerink.
Deux belles analyses
qui doivent avoir entrainé des ronronnements chez les dirigeants africains
passés champions du monde dans ces pratiques illégales avec la complicité de
certains pays occidentaux. Le président ivoirien qui pensait avoir la solution
pour sauver l’Afrique doit être dans de beaux draps en entendant de telles
analyses.
Anne-Marie N’cho
Le Latéral info, Bruxelles
annemarie_ncho@lateralinfo.net
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