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Economie

Crise financière mondiale

Les pays émergents pour un plan global

Le président brésilien veut une plus grande implication des pays émergeants dans la finance mondiale.
 

 

Le monde s'était donné rendez-vous au chevet de la finance mondiale ce week-end. Les ministres des Fi­nances de vingt pays étaient réunis dans un hôtel de Sao Paulo au Brésil. À leurs côtés, les gouverneurs des banques centrales et les représentants des grandes institutions financières, Banque mondiale et FMI. Leur objectif ? Préparer le sommet des chefs d'État des vingt plus grandes puissances économiques mondiales prévu à Washington le 15 novembre qui donnera une réponse collective concrète à la crise. La réunion a débuté avec l'appel du président brésilien Lula à bâtir «une nouvelle architecture financière mondiale». Des mots derrière lesquels il a fallu que tout le monde mette la même chose. Dans leur communiqué final, les pays du G20 disent avoir décidé de «prendre toutes les mesures nécessaires pour restaurer la confiance des marchés et la stabilité et minimiser le risque d'une nouvelle crise», le FMI devant «avoir un rôle dirigeant dans cette tâche, en conformité avec son mandat». L'ampleur de la tâche du FMI reste à déterminer, Dominique Strauss-Kahn, son président, ayant d'ores et déjà annoncé qu'il ne fallait pas s'attendre à un nouveau Bretton Woods. L'idée est d'abord de tout faire pour que la crise financière qui fait rage et qui a entraîné la crise économique mondiale la plus sévère depuis 1929 ne puisse pas se reproduire. «Nous avons convenu de tirer les leçons de la crise actuelle», ont déclaré les membres du G20. Face à la nécessité d'une meilleure gouvernance de la finance mondiale devenue folle, c'est aussi un rapport de forces qui s'installe. Entre l'Europe et les États-Unis. Entre les pays développés et les nouvelles puissances économiques du Sud. Le président de la Banque mondiale a jugé nécessaire que d'importants pays en voie de développement comme le Brésil puissent faire entendre leur voix. Les pays du G20 représentent 85 % du PIB de la planète et les deux tiers de la population mondiale. Cette réunion et celle des chefs d'État le 15 novembre interviennent alors que les marchés financiers risquent encore de connaître des mois difficiles et que la finance mondiale n'est pas complètement assainie. L'assureur AIG aurait par exemple besoin d'une rallonge financière bien qu'il ait déjà reçu 123 milliards de dollars. Et d'autres segments de la finance sont sous pression.

Situation d'urgence

La vertigineuse détérioration de l'activité économique est un défi. «Ce qui est nouveau, c'est la synchronisation de la récession qui est simultanée dans le monde. Il va falloir résister à la tentation du protectionnisme», estime Eric Chaney, économiste en chef d'Axa. Jusqu'ici, les États ont fait un sans-faute aux yeux des économistes face à la crise. D'abord grâce à la rapidité de leurs réactions. «Pour l'instant, les erreurs commises par les Japonais après l'éclatement de leur bulle ou par les États-Unis en 1929 n'ont pas été reproduites. La coopération internationale et le refus du protectionnisme sont absolument nécessaires», explique Vincent Guenzi, stratège chez Cholet Dupont. Si les premières réactions ont été bonnes, il reste néanmoins beaucoup à faire. Tant dans le monde de la finance que sur le terrain. «Les marchés financiers devront continuer à affronter les risques de faillite de hedge funds, de sociétés de capital-investissement ou d'entreprises», ajoute Vincent Guenzi.

 

Lefigaro

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Général Ibrahim Coulibaly IB
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