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Economie
Filière café-cacao Voici pourquoi l’opération mains propres est vouée à l’échec
Au début de la crise ivoirienne, les structures éclatées de la filière café-cacao dirigées par ceux qui croupissent aujourd’hui en prison, ont octroyé 10,6 milliards de franc cfa comme participation à l’effort de guerre. C’est un peu le chiffre officiel ? Or, siègent au conseil d’administration de la Bcc deux représentants du groupement des plus gros exportateurs de café-cacao (Gepex) (les américaines ADM et CARGILL, la suisse Barry Callebaut et Tropival, filiale de la britannique ED & F Man Holdings Ltd). Même si ces multinationales semblent se dédouaner de la pagaille qui règne dans la filière, les ivoiriens ne sont pas dupes puisque les dons étaient publics. De là à ce que d’autres ponctions soient faites à des fins personnelles, il n’y a qu’un pas que le procureur, Raymond Tchimou, n’osera franchir. Son poste en dépend. La filière n’était pas seulement gérée au sud, mais également au nord où règnent Guillaume Soro et ses fantassins. La lumière doit être aussi faite à ce niveau. Car, l’actuel premier ministre et sa bande ont retiré des revenus substantiels de la commercialisation de ce produit. Selon les chiffres du rapport en 2004, les rebelles ivoiriens auraient tiré en moyenne 15,1 milliards de franc cfa dans le commerce du cacao dont leur zone couvre 10% de la production. Certains membres du rassemblement des républicains dont Adama Bitogo dont l’entrepôt serait au Burkina ou encore le frère aîné du ministre des Ntic, Hamed Bakayoko se seraient rendus coupables de complicité dans ce trafic via le Burkina. D’autre part, des implications étrangères sont signalées avec la complicité des militaires français qui fermaient les yeux sur le transport du cacao vers le Burkina et le Ghana. Deux sociétés de transport françaises seraient impliquées dans le transport du cacao : Getma (filiale de Necotrans) et Bolloré via ses filiales Saga (Côte d’Ivoire) et SNTB (Burkina). Comme on peut le constater la filière café-cacao est une nébuleuse avec des implications insoupçonnées. A voir trop s’y frotter, le procureur, Raymond Tchimou, risque fort d’y laisser sa peau lui-même. Car dans l’affaire si l’on veut fouiller le fond de la marmite, c’est tout le pouvoir Fpi qui y laissera les plumes. Donc Tapé Doh et les autres peuvent dormir tranquille à la maca en attendant leur libération prochaine.
Claude Tapé
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