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Economie Pauvreté en Côte d’Ivoire Le rapport de la honte
Que dire du côté des forces nouvelles ? C’est également la honte. Ceux qui pensaient que Soro et ses hommes allaient les sortir de l’ornière n’ont que leurs yeux pour pleurer aujourd’hui. Sans être propriétaires de plantations, les chefs rebelles sont paradoxalement cités parmi les premiers vendeurs de café-cacao ainsi que de coton. Si les retombées étaient équitablement redistribuées aux populations, la rébellion auraient fait œuvre utile. Malheureusement, tout part dans les poches d’un groupuscule d’individus. C’est grâce à cela que le très extravagant Wattao, chef d’état major adjoint, peut livrer des parties de billards dans les bars et se faire filmer de Bouaké à Abidjan. C’est également en appauvrissant les populations que le premier ministre Guillaume Kigbafory Soro peut assumer les charges de son palace acheté à Ouagadougou qui s’étend à perte de vue avec à l’intérieur un parc animalier. Et c’est toutes ces personnes aujourd’hui qui veulent parler l’appauvrissement de la population ivoirienne. En oubliant bien sûr de dire qu’ils en sont les auteurs.
Kassi Kouadio O.G
En 20 ans de crises, la prospère Côte d'Ivoire s'est appauvrie Naguère phare de l'Afrique de l'ouest, la Côte d'Ivoire s'est considérablement appauvrie en vingt ans de crises sociopolitiques, au point qu'un Ivoirien sur deux en est réduit à vivre avec moins d'un euro par jour. Le constat est sans équivoque: "Aujourd'hui, une personne sur deux est pauvre, contre une sur dix en 1985, et le nombre de pauvres a été multiplié par dix en l'espace d'une génération", résume un Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSPR), au centre d'un atelier qui s'achève mardi à Grand-Bassam (30 km au sud-est d'Abidjan). Mesurée à travers sa dimension monétaire (indicateur de bien-être notamment), la pauvreté se caractérise en Côte d'Ivoire par l'incapacité d'un Ivoirien à effectuer "une dépense de consommation" quotidienne supérieure à 661 FCFA (1 EUR), soit 241.145 FCFA (367,5 EUR) par an, selon le document. Ce rapport revient sur les années fastes de la Côte d'Ivoire au milieu des années 1980, lorsque seulement 10% des huit millions d'habitants vivaient en-deçà du seuil de pauvreté. "Au cours des deux premières décennies de son indépendance (en 1960), la Côte d'Ivoire est demeurée prospère et stable. Cette prospérité a attiré de nombreux ressortissants des pays de la sous-région en quête d'emploi et de mieux-être", rappelle le DSRP. Sous Félix Houphouët-Boigny, premier président et "père" de la nation, la cohésion sociale "a été bâtie autour de plusieurs piliers, dont les plus importants sont d'ordres économique, politique et sociologique", souligne le rapport, qui relève surtout "une redistribution des revenus comme mécanisme d'incitation pour favoriser l'émergence d'un capital humain". Cette embellie va cependant s'arrêter net, la pauvreté progressant d'"une moyenne de 2,7 points par an" de 1985 à 1995, en raison de la "conjecture économique défavorable caractérisée par la détérioration des termes de l'échange et la chute des matières premières agricoles" comme le cacao et le café, essentielles à l'économie du pays. "De plus, la dévaluation du FCFA (par rapport au franc français) en janvier 1994 a accentué la réduction du pouvoir d'achat des ménages" ivoiriens. De 1995 à 2008, le taux de pauvreté a connu un bond spectaculaire, passant de 33,6% à 48,9%. "Cette période a connu une série de crises sociopolitiques et militaires dont les points culminants ont été le coup d'Etat militaire du 24 décembre 1999 et la rébellion armée du 19 septembre 2002, qui a conduit à la partition du pays", note le rapport. Ces deux événements ont plongé la Côte d'Ivoire dans l'instabilité, aggravant le taux de pauvreté en milieu rural avec une moyenne de 12 personnes sur 20, contre six en milieu urbain. Face à l'ampleur de ce "fléau", les autorités ivoiriennes se sont fixé pour objectif de "réduire la pauvreté en ramenant le taux à 16,2% en 2015", grâce à une politique axée sur "la bonne gouvernance" et la création d'emplois. Mais pour y arriver, le pays (dont 10% des plus riches détiennent en 2008 à eux seuls 32,8% du revenu total, contre 30,4% chez les 60% les plus pauvres) devrait réapprendre à redistribuer équitablement ses richesses, selon le représentant de l'Union européenne (UE) Michel Arion. Aussi, selon lui, les gouvernants ivoiriens devraient mettre en place un "système fiscal moderne" dans lequel les plus pauvres paient moins d'impôts que les plus riches. © 2009 AFP
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