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Economie
Croissance
économique
Le rebond africain attendu dès 2010
Avec une
« petite » croissance de 4,6 % en 2009, le continent renouerait avec une
progression du PIB proche de 6 % dès 2010. Un scénario trop optimiste?
Pour
une fois… « L’Afrique souffrira du ralentissement économique, mais la
décélération de son économie sera moins importante qu’ailleurs. Le continent n’a
pas bénéficié du même flux de capitaux et de la même poussée des investissements
que dans le reste du monde, notamment dans les pays émergents d’Asie et
d’Amérique latine, il n’en subit donc pas les lourdes conséquences au moment de
leur reflux brutal », justifie Andrew Burns, chef économiste à la Banque
mondiale (BM). Il a piloté l’équipe qui a élaboré le rapport sur les
Perspectives pour l’économie mondiale en 2009, présenté le 8 décembre à Paris.
Si la récession économique, conséquence de la crise financière, se propage à
l’ensemble de la planète, les effets en seront inégalement ressentis. Les pays
riches se débattront dans une croissance molle de 0,1 % en moyenne l’année
prochaine (- 0,3 % pour les pays de l’OCDE). « C’est la plus forte chute de
croissance de ces trente dernières années », note-t-il. De leur côté, les pays
émergents, après un taux de croissance soutenu de 7,9 % en moyenne en 2008,
connaîtront une baisse de régime l’an prochain avec une hausse de « seulement »
4,5 % de leur PIB. L’Afrique tirera plutôt bien son épingle du jeu avec une
croissance moyenne en progression de 4,9 % en 2009. « Je trouve la Banque
mondiale un peu trop optimiste dans ses prévisions », juge Philippe Chalmin,
professeur d’économie à Paris-Dauphine et auteur du rapport Cyclope sur les
matières premières. Mais après leur troisième crise d’affilée, à la suite des
chocs alimentaires et énergétiques, les pays africains devront jouer de prudence
pour se sortir des turbulences économiques à venir et faire face à la chute de
la demande mondiale qui se traduira par une baisse de 2,5 % des exportations
mondiales. Ce qui ne s’était pas produit depuis 1982. De fait, les exportations
africaines, qui avaient connu de belles progressions ces dernières années, avec
des hausses respectives de 5,4 % et de 5,9 % en volume en 2007 et 2008, ne
s’accroîtront que de 4,5 % l’an prochain. Les économies du continent seront
également confrontées à l’évolution des cours des matières premières. Selon la
BM, leurs prix, qui ont fortement chuté au cours du second semestre 2008,
devraient encore baisser de 20 %. Ils resteront malgré tout à des niveaux
supérieurs de 50 % par rapport à ceux pratiqués en 2000. Ce qui réduira les
perspectives d’investissement dans les mines. « C’est une quasi-certitude,
avance l’économiste en chef de la BM, la mise en œuvre de certains projets sera
retardée. Tout dépendra du comportement du prix des métaux dans les mois à
venir. »
Un baril à
75 dollars
De leur côté,
après une dégringolade de 16 % ces derniers mois, les prix des produits
alimentaires devraient se stabiliser. Avec une productivité du monde agricole
qui progresse de 2,1 % par an et une demande mondiale qui augmente annuellement
de 1,5 %, la BM écarte tout spectre d’une crise alimentaire et soutient les pays
africains dans leur volonté de restaurer les politiques agricoles. Seul bémol :
les pays africains où la population augmente le plus vite dépendront de plus en
plus des importations de produits alimentaires. « Ce scénario ne tient pas la
route. On ne peut pas dire qu’il n’y aura pas de problème alimentaire en 2009.
Moi, je suis convaincu du contraire, soutient Philippe Chalmin. Ne serait-ce que
parce que les bonnes terres cultivables sont perdues au profit de la croissance
urbaine. Il y a une nécessité à réhabiliter les politiques agricoles dans les
pays émergents. » Quant au pétrole, il devrait se situer à 75 dollars le baril
dans les prochaines années, selon la BM. « Un baril à ce prix d’équilibre serait
raisonnable, mais sommes-nous raisonnables ? »
lance Philippe Chalmin. Il est vrai qu’un baril à 75 dollars satisferait aussi
bien l’offre que la demande. « Un baril à ce niveau procure suffisamment de
rente aux pays producteurs africains pour qu’ils investissent dans des capacités
de production, et cela ne « tuera » pas la demande. Pour les pays importateurs,
la baisse du prix des commodities, pétrole compris, lèvera les tensions
inflationnistes et leur redonnera un peu de marge de manœuvre », analyse Andrew
Burns. Toutefois, si les prix baissent depuis quelques mois, les pays émergents
connaissent toujours de fortes inflations, entre 4 % à 12 %, avec des pointes à
17 % et 18 % en Afrique. Ce qui réduit la marge de manœuvre des autorités
fiscales avec des balances de comptes courants qui sont dans le rouge de 10 %
pour un tiers des pays du continent. Les gouvernements doivent rester vigilants.
« Si un problème apparaît dans leur système bancaire, ils ne devront pas hésiter
à adopter des mesures comme l’on fait les pays industrialisés, ni à demander le
soutien d’institutions comme le FMI car le coût de la crise financière est
énorme », note-t-il. Autre conseil: les pays devront chercher, en fonction de
leurs moyens, à mener des politiques fiscales volontaires. « Il ne faudra
surtout pas qu’ils annulent les investissements qu’ils ont programmés dans les
infrastructures, l’éducation et la santé, car ils sont producteurs de croissance
à long terme », précise Andrew Burns. D’après la BM, les États, comme les
entreprises africaines d’ailleurs, trouveront les sources de financement à leurs
projets. Mais à quel prix? Le crédit devrait être quatre fois plus cher. Les
entreprises les plus fragiles, endettées, seront dans des situations très
difficiles. Il faut s’attendre à des faillites. Mais la BM se veut optimiste
(trop?) pour l’avenir. « D’année en année, nous sommes à chaque fois étonnés par
les bonnes performances de l’Afrique. Il y a une généralisation de la
performance, peu de pays ont de mauvais résultats. C’est le grand changement
intervenu depuis les années 1990 ou seulement quelques locomotives tiraient la
croissance du continent. C’est ce qui nous fait croire que si les États mènent
des politiques prudentes, ils retrouveront rapidement leur rythme de croissance
des années passées », prédit Andrew Burns.
J.A
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Général Ibrahim Coulibaly IB
Chef du Commando Invisible






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