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Economie
Biens mal acquis
Un rapport dénonce l’argent sale de certains
dirigeants
Deux
ans après la publication de son étude sur « Les biens mal acquis » qui a servi
de base à des plaintes déposées en France contre les présidents gabonais Omar
Bongo et congolais Denis Sassou Nguesso, le Comité catholique contre la faim et
pour le développement (CCFD-Terre solidaire) publie un nouveau rapport. Il
dresse un bilan des avoirs détournés par une trentaine de dirigeants de pays
pauvres. Plus de 95% de ces fonds détournés n’ont pas été restitués aux
populations.
Le CCFD-Terre solidaire dans son nouveau rapport « Biens mal acquis, à qui
profite le crime ? » estime «entre 75 et 130 milliards d’euros les avoirs
détournés par une trentaine de chefs d’Etat » de pays en développement. En tête
de ce palmarès, figurent des dirigeants aujourd’hui décédés comme l’Irakien
Saddam Hussein, le Shah d’Iran Mohammed Reza Pahlavi, l’Indonésien Mohamed
Suharto ou bien encore l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny.
Mais d’autres chefs d’Etat sont encore en exercice. Le président angolais
Eduardo Dos Santos est soupçonné d’avoir détourné près de 3 milliards d’euros.
En Asie, le président kazakh Noursoultan Narzabaiev aurait touché plus de 700
millions d’euros de pots-de-vin sur les ventes de pétrole. Ce rapport 2009
s’intéresse également au patrimoine et à l’enrichissement du président Paul
Biya, qui dirige le Cameroun depuis 1982.
La responsabilité des pays du Nord
Le CCFD s'interroge notamment sur les nombreuses acquisitions du président,
notamment celle de la Villa Isis sur la Côte d'Azur, qui appartiendrait à son
fils, Franck Biya. Selon le rapport qui cite un article du magazine l’Evénement
du Jeudi datant de 1997, la fortune du président camerounais et de sa famille
approcherait « les 70 millions d'euros ». Le Comité rapporte également que le
Cameroun a aidé financièrement l'Osti (ordre souverain du temple initiatique),
une organisation ésotérique qui serait liée à la secte de l'Ordre du temple
solaire. Le président camerounais lui aurait versé « 5,6 millions de francs
français le 2 mars 1990, puis 11,2 millions de francs de 1992 à 1998, le tout
via la Société nationale des hydrocarbures (SNH) du Cameroun ».
Au-delà de la dénonciation de ces agissements, le rapport analyse les raisons de
la « non-restitution » des fonds détournés et interpelle les pays du Nord sur
leurs responsabilités. « Au nom de la raison d’Etat, rares sont les saisies de
comptes de dictateurs de pays amis », explique le CCFD. Le rapport pointe
également les institutions financières ou bancaires qui accueillent ces fonds,
les font travailler et rendent difficiles leurs restitutions.
La Suisse, leader mondial de la restitution
Selon le CCFD, seuls 1% à 4% des avoirs détournés ont été restitués aux
populations volées. Dans ce domaine, la Suisse fait figure de bonne élève.
Depuis une douzaine d’années, la Suisse accède aux demandes des pays spoliés.
Elle a ainsi restitué l’argent détourné par les dictateurs Marcos (Philippines),
Abacha (Nigeria) ou Lazarenco (Ukraine). Selon le rapport de CCFD-Terre
Solidaire, Paris refuse toujours de restituer aux autorités de Bagdad 23
millions d’euros d’avoir irakiens bloqués à la Banque de France depuis la chute
de Saddam Hussein.
La perfide Albion ne se soucie pas de la propreté de l'argent
En revanche, "le Royaume-Uni, trop soucieux de demeurer la première place
financière internationale, ferme volontiers les yeux sur les avoirs d'origine
douteuse qu'il héberge" et la France est "active diplomatiquement mais semble
gênée aux entournures dès qu'il faut passer à l'acte". Ce rapport fait suite à
une première étude publiée en mars 2007 qui a notamment servi de base aux
plaintes jugées recevables à Paris et en Espagne, en mai 2009, contre des chefs
d'Etat alors en exercice: Teodoro Obiang Nguema en Guinée équatoriale, Omar
Bongo au Gabon et Denis Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville.
Les plaintes déposées à Paris, en mai 2009, par l’ONG Transparency International
contre deux chefs d’Etat alors en exercice: le Congolais Denis Sassou Nguesso et
le Gabonais Omar Bongo, aujourd’hui décédé, pourraient changer la donne.
L’affaire est actuellement en appel. Selon le CCFD, ces procédures pourraient «
marquer une avancée juridique historique », notamment parce que ce sont des
plaintes émanant d’ONG, et non d’Etat, qui ont été jugées recevables.
Rfi
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Général Ibrahim Coulibaly IB
Chef du Commando Invisible






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