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Economie 2008
Du chocolat chaud à la Maca
Incontestablement, la filière café-cacao, aura marqué les esprits des Ivoiriens en 2008. Qui aurait pensé un jour retrouver les barrons de cette filière à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan ? Personne. Et pourtant les responsables du premier pilier de l’économie ivoirienne croupissent actuellement en taule pour des malversations portant sur des centaines de milliards de franc cfa. Une situation vécue par bon nombre d’entre eux comme une véritable trahison de la part du président ivoirien, Laurent Gbagbo, dont ils étaient tous des proches. Ils auraient pu bénéficier d’une impunité si le pouvoir ivoirien ne s’était pas mis à dos les bailleurs de fonds et autres gendarmes de l’économie mondiale qui détenaient les preuves du laxisme qui régnait dans la filière pendant que la Côte d’Ivoire tendait la main vers l’aide étrangère. Le président ivoirien a été contraint de montrer patte blanche pour avoir accès à l’aide internationale. Mais ce n’est pas encore gagner pour lui tant que cette boule qu’il traîne à la cheville. A l’image de cette gangrène dans la filière café-cacao, le tissu économique ivoirien a pris du plomb dans l’aile en cette année 2008. Aucun secteur de l’économie ivoirienne n’a été épargné. Des 500 millions de franc cfa disparus dans les caisses de l’Université aux augmentations anarchiques sur les marchés, l’année qui s’achève aura été un véritable parcours du combattant pour les populations ivoiriennes. Des manifestations de rue contre la cherté de la vie aux grèves des fournisseurs de l’Etat, l’année 2008 a donné à la Côte d’Ivoire, l’image d’un pays au bord de la banqueroute. Pour la première fois depuis l’indépendance du pays, les mairies sont entrées dans la contestation sociale. Malgré les promesses faites par les argentiers du gouvernement, les populations voient du brouillard à l’horizon 2009. Et comme d’habitude, ce qui inhérent d’ailleurs aux pays africains, l’Etat refuse de communiquer sur la gravité de la situation. On préfère miroiter des projets pharaoniques (grand Abidjan) aux yeux de la population pour donner l’illusion que tout baigne.
Anne-Marie Ncho
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