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Politique

ELECTION PRESIDENTIELLE  

On réfléchit au report  


E
n émettant, dans nos précédentes colonnes, des doutes sérieux sur la tenue effective de la présidentielles fixées au 30 novembre 2008, nombreux sont les observateurs qui ne partageaient notre souci. A l’instant où nous écrivons ces lignes, nos doutes sont en train de se concrétiser. Dans ses récentes parutions, dont celle du 27 aout 2008, Fraternité Matin, le journal officiel du gouvernement ivoirien ne cesse, dans une campagne de communication bien planifiée, convaincre l’opinion nationale et internationale, sur l’impossibilité de tenir la date du 30 novembre. A ces articles paraissent depuis peu des interviews (Affi Nguessan), des interventions et mêmes des contributions, qui mettent en doute la tenue des élections. Une gymnastique difficile pour alerter les ivoiriens sur les promesses non tenues d’un gouvernement qui navigue à vue. Et pour donner du poids à cet exercice, l’on a sorti des tiroirs, Francis Wodié, l’intello de service pour jouer sa partition. Le tour est donc joué. En attendant, tout le monde jette sa fausse colère sur SAGEM, l’opérateur technique des élections, qui ne cesse également de tourner tout le monde en bourrique. Tous les états major des partis politiques sont rentrés dans les labos pour se convaincre de ce report. Car à la vérité personne n’est prêt, même par les partis politiques qui n’ont pas les moyens matériels et financiers de mener une véritable campagne. Peut-on appeler une campagne présidentielle, la récente tournée d’Henri Konan Bédié dans le centre du pays? Ou quelques rassemblements du RDR dans certaines localités ou encore l’investiture de Gbagbo comme candidat du FPI. Une véritable comédie bien orchestrée. Ainsi l’indiquait Frat Mat ‘’L’organisation du scrutin du 30 novembre prochain prend l’allure d’une course d’obstacles au regard des pannes techniques. Pr Francis Vangah Wodié, président du Parti ivoirien des travailleurs (Pit) et candidat déclaré à la présidentielle pour la troisième fois successive, est formel: “Il n’y aura aucune élection (présidentielle) le 30 novembre”, s’est-il clairement prononcé, samedi dernier, en embouchant la même trompette que Innocent Anaky Kobenan, président du Mouvement des forces d’avenir (Mfa), qui n’a jamais cru en cette date. Quant aux autres acteurs, à commencer par la Commission électorale indépendante (Cei, maître d’ouvrage du processus), ils tentent de jouer au chat et à la souris pour cacher le soleil avec la main. Pourtant, les carottes sont (presque) cuites. Au point que le doute n’est plus permis: la présidentielle du 30 novembre prochain n’est pas tenable à cette date. La loi électorale impose d’afficher la liste électorale provisoire trois mois avant le scrutin. C’est-à-dire que le lundi prochain, 1er septembre, les Ivoiriens devraient aller vérifier s’ils pourront participer, en tant qu’électeurs, aux prochaines consultations générales. Tout le monde le sait, cela n’est pas possible dans le contexte actuel. Car, dans une véritable course d’obstacles, des travaux d’hercule attendent la Cei et tous les opérateurs techniques. L’enrôlement, qui devrait démarrer le 1er juillet dernier, reste encore une opération virtuelle. Le coup d’envoi tarde à être donné. Des chefs de mission de l’Onu en réunion en Guinée-Bissau, ont demandé, hier, le démarrage le “plus tôt possible” de l’opération. Car son temps d’exécution, au regard du mode opératoire retenu, a même fait douter le Chef de l’Etat quant à la capacité technique des opérateurs à conduire l’opération dans les délais impartis. “Est-ce qu’avec les démonstrations que vous venez de faire, vous pouvez m’assurer que le délai du 30 novembre sera tenu?”, a-t-il interrogé, le 24 juillet dernier, les responsables des structures techniques, en constatant que l’enrôlement d’un seul pétitionnaire, à sa résidence, a duré 17 minutes. Avant-hier, Sagem sécurité, l’opérateur technique français, a reçu le cerveau du système de tous les serveurs qui seront utilisés dans le cadre de l’opération d’identification. Cet équipement, qui “devra, selon les mots de Paul Koffi, directeur de cabinet adjoint du Premier ministre, permettre aux différentes structures concernées de faire leur travail dans les délais”, ne peut être, pour le moment, opérationnel. Car sur les 6 mille kits attendus, seuls 1.500 sont arrivés. Sans compter que les six mille opérateurs, qui devront travailler sur les équipements, n’ont pas encore été recrutés pour être formés. D’un. De deux, après trois mois de déroulement, les audiences foraines jouent des sortes de prolongation avec les séances de rattrapage dans les régions où toute la demande n’a pu être satisfaite. Lesdites séances, d’un coût de 230 millions de nos francs, démarrent ce jour pour prendre fin le 12 septembre.  En outre, un travail fastidieux avec un mécanisme complexe – dont la durée n’a pas encore été déterminée - attend les membres de la Commission de reconstitution des registres d’état civil. C’est un vrai parcours du combattant“. Comme on peut le constater, encore une fois le duo Gbagbo-Soro a fixé une date non respectable mathématiquement et juridiquement dans l’optique de se donner bonne conscience face à la communauté internationale qui doutait de leur bonne volonté à sortir le pays de la crise par des élections. Gbagbo est rentré de ses vacances sur les belles plages de Banjul en Gambie. Une mise en scène est programmée pour annoncée une autre date au moment où chacun fait campagne.

 

Jean Luck KONDO
Le Latéral info, Berlin
jeanluck@lateralinfo.net
  

 

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