Depuis Bruxelles, Affi Nguessan charge les FN et le Pdci
Aux Com’zones : « Dégager pour qu’on avance »
Au Pdci : « Bédié est responsable de la pauvreté en Côte d’Ivoire »
« Les élections entre octobre et décembre 2009, c’est possible »
L’ancien
premier ministre ivoirien, Pascal Affi Nguessan, était dans la capitale
européenne, Bruxelles, les jeudi 2 et vendredi 3 Avril pour participer au
forum mondial des progressistes sur la nouvelle mondialisation. Le patron du
Fpi en a profité pour s’entretenir avec la communauté ivoirienne sur la
situation qui prévaut en Côte d’Ivoire actuellement. C’est à un véritable
one-man show que s’est livré Pascal Affi Nguessan.
Maniant avec perfection le langage de rue ivoirien et le français soutenu, il
a lancé des flèches à certains acteurs impliqués dans la résolution de la
crise ivoirienne. Parlant de la situation de blocage actuel, le président du
front populaire ivoirien l’impute à la difficulté de mise en application du
quatrième accord complémentaire de Ouaga. Surtout du côté des forces
nouvelles. Selon lui les commandants de zones ont du mal à abandonner les
avantages pécuniaires liés à leur rang. « Comment voulez-vous qu’ils
abandonnent aussi facilement les ponctions faites dans les différents
corridors et qui rentrent directement dans leurs poches ? », s’est interrogé
Affi. Une interrogation qui indique clairement que les hommes de Guillaume
Soro ne sont pas encore prêts pour une unicité des caisses de l’Etat, l’un des
points essentiels soutenus dans le quatrième accord complémentaire de Ouaga.
Pourtant selon lui, elle s’impose. « Vos chefs ne peuvent pas continuer à
percevoir leurs salaires via les caisses de l’Etat, et vous, vous vous opposez
à l’unicité des caisses », a-t-il indiqué. Avant d’affirmer que ce sont toutes
ces incongruités des forces nouvelles qui font que la sortie de crise piétine.
« Tout ce qu’on leur demande, c’est dégager pour qu’on avance », a lancé le
patron du Fpi. A ceux qui pensent que la situation présente arrange son parti
et le président Laurent Gbagbo, le président Affi a dit que c’est une mauvaise
lecture. « Tous les efforts qui sont faits actuellement sont à mettre à
l’actif du président Laurent Gbagbo. Au nom de la paix, il a accepté que des
cuisiniers deviennent ministres en Côte d’Ivoire (allusion faite à Tuo Fozié) »,
a fait remarquer l’ancien premier ministre.
Sur
les questions de la pauvreté grandissante en Côte d’Ivoire et l’enrichissement
illicite qui étaient les préoccupations du représentant du Pdci,
Gilbert Loukou, Pascal Affi Nguessan n’y est pas allé de main morte dans ses
réponses. « Vous voulez nous accuser là où nous vous avons toléré. On se
connaît en détail, mon ami. Si on parle de la situation économique
catastrophique de la Côte d’Ivoire, vous (parlant du Pdci), vous devez vous
taire. L’argent qui fait actuellement défaut à la Côte d’Ivoire est dans les
poches de Bédié. Dans l’histoire de la Côte d’Ivoire qui a fêté ses
milliards ? Si nous avons hérité de relations un peu tendues avec l’union
européenne, c’est en partie à cause du gouvernement Bédié avec le scandale des
18 milliards de franc cfa. Donc ce n’est pas au Pdci de faire la morale aux
autres concernant l’enrichissement illicite et la pauvreté. Si nous voulions
fouiller dans les dossiers sales hérités, je pense que certains barrons du
Pdci garderaient le profil bas », a indiqué Pascal Affi Nguessan. Dans le même
tempo, le président du Fpi a fait une incursion dans le dossier du scandale
dans la filière café-cacao pour dire que les gens pensent que tous ceux qui
ont été arrêtés sont Fpi. Ce qui est une aberration selon lui. « Monsieur Tapé
Doh est un ancien baron du Pdci, ainsi que Henri Amouzou », a-t-il fait
remarquer. Pour lui, c’est un tort arbitraire fait au fpi que de considéré
qu’il est à la base des malheurs de la Côte d’Ivoire.
Sur
le chapitre de l’identification et de l’enrôlement,
le président du Fpi reconnaît qu’il existe des difficultés. « Nous n’avions
pas compté avec certains aléas qui se révèlent brutalement à nous », a-t-il
indiqué. Selon ses informations, certaines zones sont difficiles d’accès. Et
même quand elles ne le sont pas, il y a d’autres obstacles techniques tels que
le manque d’électricité qui ne rendent pas facile le travail des agents. A
côté de cela, il y a le manque de confiance entre les différentes institutions
chargées de la question. L’institut national des statistiques, anciennement
chargé de l’élaboration des listings électoraux, et le couple Sagem-Cei, se
marchent constamment sur les pieds. Ce qui ralentit à son sens le déroulement
normal de l’opération d’identification. « Mais c’est bonne guerre. Il faut
éviter les erreurs possibles. Car à la suite de cette opération, seront
délivrées des cartes nationales d’identité dont la confection a été suspendue
depuis bientôt dix ans », a affirmé Affi. Si ce chapitre essentiel est mené à
son terme dans les plus brefs délais, le président du Fpi pense que les
élections sont possibles entre le mois d’octobre et décembre 2009. Il invite
pour ce faire les ivoiriens de la diaspora à positiver sur la situation
ivoirienne. Surtout à accorder un point d’honneur à l’opération d’enrôlement.

Anne-Marie Ncho
Le Latéral info, Bruxelles
annemarie_ncho@lateralinfo.net