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Politique

Date de l’élection, déploiement de 8000 soldats, les com’zone, opposition complice

La politique ivoirienne, un mouchoir de poche 

 

La mise à la disposition de 8000 hommes du le Centre de Commandement Intégré "CCI " afin de sécuriser le processus de paix dont 4000 FDS et 4000 FAFN traduit officiellement la volonté des ex-belligérants de réconcilier leurs armées profondément divergées et prises au piège dans un badinage politique.
 
Cependant, pour les empiristes de la crise ivoirienne, rien de tout ce qui se passe ne nourrit réellement l'espoir et ne traduit effectivement la volonté et la bonne foi des signataires de l'Accord Politique de Ouagadougou (APO). Il s'agit tout simplement de la continuité d'un jeu de rôles dans lequel les acteurs et coordonnateurs semblent bien évoluer dans un registre dramatique et pernicieux.
 
Nous avons d'une part des acteurs de la crise actuelle et d'autre part un accord supplémentaire vieux de deux (2) années et qui est à son quatrième complément (OUAGA IV). 
 
A titre de rappel, cet accord a été suscité par les ex-belligérants à coup médiatique. Il a été présenté, dès le départ, comme une révolution de la diplomatie africaine notamment en termes de résolution des conflits. L'accord de Ouaga, se voulant distingué, avait pour objectif de montrer à la face du monde, la capacité des ex-belligérants ivoiriens à s'accorder sur la nécessité d'aller à la paix après cinq (5) années d'atermoiement.
 
En l'espace de deux (2) années, les signataires de l'accord de Ouaga nous ont plutôt servi un tableau plein de contraste et de contre attaque. A chaque étape de l'application de l'accord, de nombreuses contradictions ont été relevées. Et aujourd'hui encore l'on cherche à berner le peuple dans l'application de OUAGA IV.
 
Que du bluff!
 
L'accord dans sa présentation médiatique demeure hermétique et dans sa conception politique flou. Et qui nous fonde à le révoquer en doute. Pour s'en convaincre, il nous suffit de nous en tenir aux divergences d'interprétation relevées par les acteurs eux-mêmes. 

 En effet, lors de son interview le 30 Avril 2009, par la première chaîne de la télévision nationale, le président Laurent Gbagbo, se prononçant sur l'accord complémentaire 4 de Ouaga, relevait que la phase optimale de la sécurisation et de la réunification serait atteinte qu'après le déploiement sur toute l’étendue du territoire de 8000 hommes dont 4000 FAFN et 4000 FDS. Cette phase permettrait de sortir de l’existence des zones et des commandants de zone, de passer au casernement et au désarmement des autres éléments FAFN sous la supervision des Forces impartiales. Car le désarmement avant les élections relève, pour lui, « du bon sens et des textes ». Autrement, lui reste au pouvoir grâce à l'article 38 de la constitution. Et dans l'esprit des idéologues du FPI, le désarmement n'engage principalement que les forces ex-rebelles dont la légitimité conférée par l'APO et tous les accords précédents ne traduit point une légalité d'existence. D’où la constance observée chez Mamadou COULIBALY, président de l'assemblée nationale, Madame Gbagbo, présidente du groupe parlementaire FPI et Affi N'guessan, président du FPI, au sujet du désarmement des ex-rebelles et de la réunification.

 Côté Forces Nouvelles, par la voix de son porte parole, KONATE Sidiki, on affirme que les com'zones qui exerçaient des fonctions administratives en plus des fonctions militaires n'exerceront que seulement des fonctions militaires et "continueront de travailler en tant que militaire pour le processus". Car pour l'ex-rébellion, "ils ont une fonction jusqu'au bout" et "jusqu'au bout ces deux forces existent et doivent travailler maintenant pour la paix, pour les élections". Dans cette même logique, il affirme: "Après les élections, le nouveau président qui vient décrète la nouvelle armée". Et bien avant "vous avez 3 groupes: Il y a nos frères les démobilisés qui attendent, les éléments du CCI et  les éléments en caserne". Aussi rattrapé par son optimisme, il déclare plus tard, "si   l'opération que nous avons décrite marche...". Etant lui-même convaincu du caractère subjectif de son approche. 
 En tout état de cause, nous observons, dans un premier temps, que les forces nouvelles ont décidé de maintenir leur architecture militaire quitte à changer de terminologie au sujet des com'zones. Ensuite,nous remarquons que du point de vue de l'effectif et de l'équipement, le CCI n'est pas compétitif aussi bien en zone Centre Nord et Ouest (CNO), contrôlée par l'ex-rébellion que dans la partie sud, contrôlée par le président Laurent GBAGBO. Car l'essentiel des troupes restées en réserves demeurent encore nuisible au processus. Les forces nouvelles revendiquent officiellement près de 36 000 combattants et les forces loyalistes 16 000 auxquels viennent s'ajouter près de 50000 miliciens de la zone sud. Et la parité des forces au sein du CCI se heurte à coup sûr à une disparité entre elles et celles restées en base arrière et aux ordres de leurs Etats-majors respectifs. Encore, le CCI qui est censé intervenir à toutes les phases du processus de paix, devra en plus des difficultés d'effectif, matérielles et financières souffrir de son manque d'autorité. Car les ex-belligérants qui ont maintenu leur organisation militaire avec quelques légers aménagements disposent toujours d'une autorité avérée dans leur zone d'influence. Avec en prime le projet de réhabilitation des sites de regroupement des ex-rebelles qui seront basés à BOUAKE, KORHOGO, SEGUELA et MAN sont à réhabiliter à coup certainement de milliards. Et nous savons tous que les milliards qui chaque fois sont investis dans le processus se fondent comme du beurre au soleil sans que les objectifs ne soient atteints. En outre, Les démobilisés, ceux qui ont choisi de retourner à la vie civile attendent encore de recevoir leur prime de démobilisés (estimée à près de 500000 F.CFA) et les formations dans les domaines de métier qu'ils ont choisi.

Ainsi, l'incapacité des ex-belligérants à concrétiser avant les élections la nouvelle armée nourrit notre scepticisme et traduit dans la même logique le fait que, pour nous, l'accord de Ouaga reste fragile. Et, dans ce contexte, il est difficile de parler de réunification, d'unicité des caisses encore moins de désarmement.

En attendant, le président GBAGBO qui est d'accord avec les Forces Nouvelles que les élections doivent avoir lieu cette année, leur a donné en retour un mois pour concrétiser le processus de réunification et de désarmement avant de se prononcer sur la date de la tenue des prochaines élections présidentielles. Car a-t-il averti "Je signe que lorsque je suis sûr que ça va" ou encore, "Je ne suis pas un notaire, j'ai ma part de responsabilité" 

Du côté de la CEI, son président MAMBE Beugré, dit avoir "choisi de parler moins et d'agir assez" tout en relevant des difficultés notamment de trésorerie. A ce sujet, justement, le FPI qui a décrié la gestion de la CEI, a fini par convaincre les bailleurs de fonds et autres partenaires du processus de paix de procéder à son audit.

Du côté de l'opposition civile, notamment au RDR et au PDCI, on est en campagne et pré campagne. Le RDR qui est officiellement rentré en campagne le samedi 09 mai, mise sur le vote des jeunes pour lesquels il dit avoir un vaste chantier. Quand au PDCI, il nous faut encore attendre le mois de juin pour une rentrée officielle en campagne. Cependant Henri Konan BEDIE à chaque sortie officielle, ne manque pas de fustiger la gestion du parti au pouvoir. A côté, le FPI, qui garde encore de nombreuses cartes, s'intéresse plutôt aux séances de rattrapage du processus d'identification et d'inscription sur les listes électorales et à l'application de l'accord complémentaire IV de Ouaga au sujet du déploiement des 8000 hommes devant assurer la sécurité du processus.   

Au vu de ce chantier titanesque et au regard du jeu trouble des acteurs politiques qui peuvent à tout moment du processus soulever de faux problèmes politiques, nous avons affaire à deux armées, deux idéologies différentes, une population prise en otage, une économie pillée, en déconfiture et des millions de sinistrés économiques qui ne savent que faire.

 

Zié Koné
Le Latéral info, Abidjan
konez@lateralinfo.net    

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