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Politique
Mystère
autour de la date de l’élection présidentielle
Nous sommes dans un Etat policier, avec une gestion informelle de la chose publique, des citoyens infantilisés, opprimés, désabusés et une opposition bâillonnée, de service et passive. La Côte d’Ivoire est mal partie et le peuple assiste impuissant à la parade du grand monde fait de dirigeants corrompus, pervers et inconvenants. La malignité avec laquelle nos dirigeants entrevoient les prochaines élections présidentielles est inquiétante, périlleuse et irresponsable. Mais pourtant sans surprise. Depuis (7) sept années que dure la crise et (2) deux années aux couleurs de l’Accord Politique de Ouagadougou, la scène politique ivoirienne est à son énième scénario avec les mêmes acteurs, auteurs et co-auteurs de la crise ivoirienne. L’interview accordée au président de l’article 38 de la constitution de la 2è République par la première chaine de la télévision nationale a fini de convaincre les plus optimistes que les élections n’auront pas lieu avec cette équipe au pouvoir encore moins cette année. Le président qui s’est efforcé à se montrer rassurant n’a pas réussi à nous cacher son jeu et sa logique. Affirmant ne pas pouvoir se prononcer sur une date précise des élections, il s’est contenté de mettre à notre disposition un intervalle de temps qui en dit long « Octobre ou Novembre 2009 ». Prétextant que la CEI structure technique chargée d’organiser les élections n’est compétente qu’à « des estimations de dates » auxquelles lui ne réagit qu’à sa convenance : « Je signe que lorsque je suis sûr que ça va ». Encore : « Je ne suis pas un notaire ». Il rappelle toujours au sujet des élections qu’il s’accroche qu’aux données prévisionnelles de la CEI qui prévoyait une cible de 8000000 d’électeurs potentiels. Donc qu’il ne saurait cautionner l’exclusion de millions d’autres électeurs potentiels (Les chiffres actuels étant à la barre de 6000000 d’électeurs inscrits à l’opération d’identification) ou « se permettre des élections bâclées ». Et « on est prudent » dira-t-il en plus. Mais malgré cette trop grande prudence et les difficultés techniques relevées, le Chef de l’Etat se veut optimiste pour 2009. Car l’article 48 a résolu le cas Ouattara mais aussi BEDIE. Ensuite, la phase optimale de la sécurisation et de la réunification sera atteinte après le déploiement sur toute l’étendue du territoire de 8000 hommes dont 4000 FAFN et 4000 FDS. Cette phase permettrait de sortir de l’existence des zones et des commandants de zone, de passer au casernement et au désarmement des autres éléments FAFN sous la supervision des Forces impartiales. Car le désarmement avant les élections relève « du bon sens et des textes ». Ainsi « on avance bien et très bien » et encore « ça marche, ça vient lentement mais ça vient ». Bien avant c’est le premier ministre, leader des ex-rebelles qui affirmait ne pas rentrer dans « le fétichisme des dates » puis de se voir obligé par son mouvement de menacer de se retirer de l’accord de Ouagadougou si cette année des élections n’étaient organisées. Abordant dans le même style d’indifférence, le président du FPI, parti au pouvoir, affirmait après avoir reçu une délégation du conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine : « on a tout notre temps » De quel temps veulent-ils encore disposer et à quel prix le souhaitent-ils ? Les populations qui n’ont assurément pas la même perception du temps s’interrogent désespérant sur la date à laquelle tout ça prendra fin. Un président fou et indélicat qui nargue le peuple chaque jour et depuis (9) ans s’est illustré comme à son habitude en propageant son manque de scrupule à la face du monde. Répondant à une question posée par une journaliste de la RTI à savoir si le programme PPTE devenu la planche de salut de son gouvernement permettrait à notre pays de sortir de sa qualité de pays pauvre très endetté, l’indélicat chef de l’Etat affirmait : « Madame, vous avez des problèmes, on remarque que vous n’êtes pas à ma place.» Mais le plus grave c’est quand à la suite de l’interview du chef de l’Etat, des voix discordantes au sein de l’ex-rébellion réaffirment ne pas avoir la même lecture de l’Accord 4 de Ouagadougou. Car pour M. SEKONGO les commandants de zones ne peuvent disparaitre puisque matérialisant l’existence de l’armée FAFN. Mais enfin quel sens doit-on donner à un accord devenu polysémique dans sa compréhension. De la guerre des armes nous sommes passés à celle de la confiance et de la duplicité. Et pendant ce temps, on pille et on vole…
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