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Le deal... de Ouaga.






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Politique
Blaise Comparoré
Vampire ou
facilitateur?
Depuis
les accords de Ouagadougou signés en mars 2007 entre le président Laurent Gbagbo
et le patron de la rébellion, Guillaume Soro, le président burkinabé Blaise
Compaoré est le "facilitateur" de la sortie de crise en Côte d'Ivoire. Cette
nouvelle veste a suffi pour que la France, l'Onu et d'autres organisations
voient en lui le nouvel homme de paix de la sous région ouest africaine. Mais
cette hypocrisie à l'occidentale ne saurait faire oublié ni effacé un curriculum
Vitae dont les pages sont écrites en rouge sang. Ce lundi même la manifestation
des partis sankariste vient rappeler au président burkinabé les traces de sang
qu'il traîne sur ses mains. La soif de sang du président Compaoré est révélée au
monde entier en octobre 1987 par l'assassinat de son frère d'armes et ami Thomas
Sankara alors jeune président du Burkina Faso et père de la révolution que
fêtent ses partisans ce lundi. Le tort du capitaine président est de s'être
élevé contre la main mise de la métropole française sur les ressources de ses
anciennes colonies alors que celles-ci croulent sous le poids d'une dette
extérieur dont elles ont bien du mal à comprendre le mécanisme. Outré par ce
qu'il qualifiait de néocolonialisme, Sankara refusa en 1983 de serrer la main du
président français, François Mitterrand. C'en était trop. Pour l'éliminer, on ne
pouvait trouver meilleur homme que son frère et ami. Et comme s'il savait la fin
de son film, Sankara déclarait devant les journalistes: "le jour où vous
entendrez que Blaise Compaoré prépare un coup d'Etat contre moi, ne prévenez pas
, il sera déjà trop tard". Et bien, c'est ce qui s'est hélas passé. Blaise au
pouvoir pouvait alors installer sa machine infernale en comptant sur la loyauté
du colonel Gilbert Diendéré, le patron du commando qui a causé la mort de
Sankara et de certains politiciens. Plusieurs personnes paieront de leur vie
leur opposition au pouvoir de Blaise et son clan. En 1998, le journaliste,
Norbert Zongo, qui enquêtait sur la disparition du chauffeur du frère cadet de
Blaise, David Ouedraogo, a été réduit au silence éternel. A la tête d'un
consortium de mafieux, Blaise Compaoré sème la désolation dans certains pays
africains avec la complicité de certaines puissances internationales. L'actuel
"facilitateur" de la crise ivoirienne a été accusé par l'Onu en 2001 d'être au
coeur de trafics d'armes et de diamants avec la complicité de son ami Charles
Taylor au bénéfice des rebelles angolais de l'Unita ( encore aujourd'hui, Blaise
est le parrain d'un des fils de Savimbi basé en Afrique du Sud et spécialisé
dans les ventes d'armes et recrutement de mercenaires qui a été rencontré
d'ailleurs par Guillaume Soro l'année dernière à Ouaga) et Sierra-Léonnais du
Ruf. De beaux chefs d'accusation qui pourraient justifier toute éjection du
pouvoir comme on a pu le faire avec son ami et dictateur libérien, Charles
Taylor. Malheureusement pour le peuple burkinabé et la sous région ouest
africaine, le vampire bénéficie du soutien de Paris qui le considère comme son
chien de garde du précarré ouest africain. Laurent Gbagbo, qui avait une
aversion pour le président burkinabé, l'a si bien compris qu'il s'est empressé
d’initier les accords de Ouagadougou sous le parrainage de Blaise Compaoré.
Pouvait-il en être autrement? Mieux, le président ivoirien qui est sorti de ses
illusions de remise en cause de mécanismes de coopération vieille que son
pouvoir vient récemment de présenter ses lettres de créance au nouveau parrain
de la mafia française en Afrique de l'ouest et lui faire des propositions
alléchantes pour sauver son pouvoir. "Nous devons faire l'axe Abidjan-Ouaga
l'épine dorsale du développement de l'Afrique de l'ouest", a indiqué le
président ivoirien. Comme si la Cedeao (Communauté économique des Etats de
l'Afrique de l'ouest) n'en faisait pas suffisamment. De ce point de vu, on
pourrait comprendre le président ivoirien. Car qui d'autre pourrait connaître
l'origine de la fumée ivoirienne que le pyromane qui y a mis le feu.
Anne-Marie Ncho
Le Latéral info, Bruxelles
annemarie_ncho@lateralinfo.net
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Le jeu trouble des
puissances
Blaise
Compaoré peut aujourd'hui se taper la poitrine. Il bénéficie de la
protection des puissances extérieures devenues subitement amnésiques. Mieux,
on veut lui coudre de nouveaux habits d'hommes de paix. Des basses besognes,
il passe donc dans la classe de ceux qui sont désignés d'office pour régler
les conflits dans le précarré français. C'est la seule voie pour mettre des
traces de gomme dans les différents rapports qui l'épingle et lui trouver
une porte de sortie honorable. Le Burkina Faso est désormais le négociateur
des différents conflits de la région. En 1993, Blaise offre ses bons offices
dans le règlement du conflit togolais de là est sorti un accord dit aussi de
Ouaga. A peine fini avec le conflit togolais que le Burkina est présent sur
le front de la rébellion touareg au Niger. Une fois de plus on parle des
accords de Ouaga d'Avril 1995. De nouveau le Togo en 2005 puis la Côte
d'Ivoire en 2007. Blaise est sur tous les fronts brûlants avec la
bénédiction et les instructions de ses protecteurs. Tout est aujourd'hui mis
en oeuvre par ceux mêmes qui se disent garants de
la bonne gouvernance et des droits de l'homme dans le monde pour blanchir un
homme qui au palmarès des crimes n'est pas moins coupable que Charles Taylor
qui broie du noir dans sa cellule de la Haye. Un jeu trouble qui confirme si
besoin en était que les puissances étrangères accusent au gré de leurs
intérêts. Et c'est bien dommage pour ces donneurs de leçon sur la
démocratie.
Abdelhaziz MAROUFI
Le Latéral info, Bouaké
amaroufi@lateralinfo.net
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