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Politique
ELECTIONS GHANEENNES
Vivtoire de John Atta Mills et de la démocratie
Lorsqu’en 2 000, John Johnny
Rawlings (JJR) s’apprêtait à quitter le pouvoir après l’exercice de deux
mandats, beaucoup juraient comme des charretiers qu’il rempilerait une
troisième fois. Il avait un bilan économique sans pareil ; il était jeune ;
beaucoup de chefs d’Etat le poussaient à respecter la « tradition », et puis,
il était quand même Africain. Malgré tout cela, il respectera son engagement
et proposera, serein, au candidat de son parti, John Atta Mills, de venir
défendre son honneur et celui de leur parti, le Congrès national démocratique
(NDC). Ils n’étaient pas nombreux à parier alors sur John Kufuor, longable
homme d’affaires influent certes, sympathique, mais dont le passé politique
était loin d’être « griffé ». Mais divine surprise ! Celui-ci remporta les
élections, laissant ébaubis, Messieurs Mills et Rawlings. Soit ! Ils ne
décidèrent pas pour autant de réparer la « baffe » par un de ces coups d’Etat
comme Rawlings savait si bien faire. Bon perdant, le candidat malheureux
reconnut sa défaite, attendant sa revanche pour la prochaine mandature. Hélas,
là non plus, la chance ne fut pas de son côté et John Kufuor « bissa ». Cette
fois-ci encore, la volonté des urnes fut respectée, faisant apparaître déjà le
Ghana comme une exception dans cette Afrique abonnée à l’instabilité, à la
pandémie des monarchies républicaines.
Si ce n’est
pas la 1ère, ni la 2ème, ce sera la 3ème fois. Les choses s’annonçaient
cependant difficiles. John Kufuor, après ces deux mandats, accepta à son tour
la jurisprudence JJR et accepta de quitter le pouvoir, mais Dieu que ces deux
mandats furent bénéfiques au plan économique et social.
Alors, son candidat, Nana Afuo-Addo, croyait dur comme fer qu’il surferait sur
ces acquis pour être porté au pouvoir. Et voilà qu’après un premier tour sans
contestations et des plus serrés, en Afrique et dans le monde, on se laissait
déjà aller à l’enthousiasme pour ce décidément unique Ghana, décidé à prouver
au monde que contrairement à ce que quelqu’un l’a dit, l’Afrique aussi était
mûre pour la démocratie. En effet, s’il ne remporta pas du premier coup le «
morceau », le parti de Mr Mills gagna les législatives et manqua d’un chouia
le premier tour de la présidentielle, avec un « goal à virage » intéressant
pour le second tour.
Du coup, le suspense monta encore plus en puissance. Qu’allait-il se passer ?
John Kufuor acceptera-t-il la défaite de son poulain ? L’atmosphère était à
couper au couteau devant ce score qui donna 49, 87 % à Nana Akufo-Addo et
50,13 % à John Atta-Mills. Mais rien n’était gagné car comme dans un film à
rebondissements, il s’est trouvé une fameuse circonscription (Tain) où les
élections n’avaient pu techniquement se dérouler pour des problèmes
techniques.
Alors, la commission électorale ordonna un troisième tour dans cette
circonscription. Les nerfs prêts à craquer, Nana Afuo-Addo et ses supporters
du Nouveau parti patriotique (NPP) furent gagnés par les démons du mauvais
jeu, surtout que tout indiquait qu’à ce troisième tour, John Atta Mills ferait
échec et mat, que l’alternance aurait lieu.
Les troubles qu’on craignait eurent lieu ici et là, et le candidat en déveine,
Nana Afuo-Addo, prit le chemin de ce refus qui risquait de faucher la graine
de l’espérance semée au Ghana. Ses avocats déposèrent des recours, et le parti
demanda à ses représentants de quitter les bureaux de vote et à ses militants,
de faire l’élection buissonnière.
Mais l’élection qu’il voulait bloquer eut bel et bien lieu, et alors qu’on
avait peur des troubles à venir, les avocats annoncèrent le retrait de leurs
recours, et le président John Kufuor sortit de sa réserve pour demander aux
candidats de se soumettre au verdict populaire, quel qu’il soit.
Cela aura-t-il un impact positif à la proclamation des résultats dont tout
laissait apparaître maintenant qu’ils ne pourront profiter qu’à Atta Mills ?
C’est la question qu’on se posait avec anxiété lorsque le 03 janvier 2009, la
commission électorale annonça les résultats. La nouvelle éclata comme une
bombe : le choix du peuple ghanéen s’est porté sur le candidat du NDC sans
qu’il ne s’en suive ni protestation et encore moins violences.
Ce fut un grand « ouf » au Ghana, en Afrique et hors du continent. On n’avait
pas eu tort de jurer que le Ghana laverait l’honneur démocratique sali de
l’Afrique surtout que dans la foulée, le candidat malheureux reconnaissait sa
défaite en félicitant le nouveau président.
Sanfina
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Laurent Pokou tabassé Plus Jamais ça !






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