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Le deal... de Ouaga.






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Politique
Prix Félix Houphouët-Boigny
Lula donne une leçon de paix à Gbagbo et Guillaume Soro
« La
paix n’est pas est mot, c’est un comportement », ne cessait de répéter le
premier président ivoirien, feu Félix Houphouët-Boigny. Raison pour laquelle,
depuis 1989, ce grand homme qui avait fait de la paix une seconde religion, a
mis en place un prix récompensant tous ceux qui se distingueraient par leurs
efforts en faveur de la paix, garante du bien être social des populations.
L’heureux bénéficiaire de cette année n’est autre que le président brésilien,
Luiz Inàcio Lula da Silva.
Le
prix lui a été remis le mardi dernier en présence du Président sénégalais
Abdoulaye Wade, du Président cap-verdien Pedro Pires, du Premier ministre
portugais, José Socrates, du Secrétaire général de l'Organisation
internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, de l'ancien Président ivoirien
Henri Konan Bédié, de Mario Soares, ancien Président portugais et
vice-président du jury du Prix, ainsi que des Présidents de la Conférence
générale et du Conseil exécutif de l'UNESCO, George N. Anastassopoulos (Grèce)
et Olabiyi Babalola Joseph Yaï (Bénin). Les belliqueux représentants de
l’actuel président ivoirien, Laurent Gbagbo, dont la délégation devrait être
conduite par, Paul David Nzi n’ont pas été admis à cette cérémonie. Un
refoulement très justifié qui traduit la volonté des responsables du prix de
ne pas voir une cérémonie regroupant des personnalités de marque ternie par la
présence d’un directeur de cabinet. La chose aurait pu passer si le président
ivoirien c’était fait représenté dignement. Mais deux choses, l’une. En
envoyant son directeur de cabinet, le président indiquait clairement qu’il
n’accorde aucune importance au prix ou simplement voulait-il boycotter une
cérémonie où ses principaux adversaires étaient présents avec plus de poids
que lui. De toutes les façons, il en a eu pour sa claque. Même si cet incident
a quelque peu gêné l’ambassadeur, Georges Ouégnin qui a estimé que dans un
contexte de réconciliation en Côte d’Ivoire, il fallait laisser la possibilité
aux représentants du président ivoirien d’être dans la salle. Tout ce folklore
n’a néanmoins pas empêché l’heureux bénéficiaire de faire une leçon de paix en
cette période où la Côte d’Ivoire en a véritablement besoin. « Mettre de côté
les armes ne suffit pas. Il n'y aura pas de paix véritable tant qu'on ne
s'attaquera pas aux racines profondes des conflits »,
a indiqué le président brésilien. Une réflexion qui semble faire défaut aux
partis en conflit en Côte d’Ivoire. Pour qui le simulacre de mise à feu des
armes légères organisé au stade municipal de Bouaké (ville du centre de la
Côte d’Ivoire occupée par la rébellion) permettrait à la Côte d’Ivoire de
renouer avec la paix. Le malaise profond qui mine la société ivoirienne dans
son entièreté et qui a poussé certains à la rébellion semble ne plus
préoccuper personne. Pourtant ce malaise identitaire qui est à la base du
conflit ivoirien est encore perceptible même si le législateur ivoirien a pris
des mesures sanctionnant toute forme d’exclusion et de langage xénophobe. Et
il s’est même doublé d’une misère sociale qui pousse certains Ivoiriens à se
demander s’ils ont une fois appartenu à ce pays. Pour d’autres, c’est juste un
mauvais rêve. Personne n’arrive à s’accommoder à l’idée qu’en l’espace de
vingt ans, la misère soit devenue aussi rampante en Côte d’Ivoire. Plus de la
moitié des Ivoiriens vivent avec moins d’un euro par jour selon le document de
stratégie de réduction de la pauvreté élaboré après le séminaire de
Grand-Bassam en 2008. Toute chose qui rend encore difficile l’acquisition
d’une paix durable tant que l’on ne se serait pas attaquer aux problèmes
essentiels à leurs racines. Comme le dit Lula,
« tant qu'il y aura de la faim, des inégalités et
du chômage, tant que persistera l'intolérance ethnique, religieuse, culturelle
et idéologique », la paix sera un vain mot.
Autant dire que la paix n’est pas pour demain en Côte d’Ivoire. Car les partis
signataires des accords politiques de Ouaga sont plus préoccupés à se trouver
une porte de sortie de cet imbroglio que de penser au mieux être de la
population. Dans ce contexte de mensonge et de roublardise politique, les
problèmes essentiels qui ont amené la rébellion sont relégués au second plan.
Pourtant ils sont bien réels et profonds.
Jacques Demelon
Le Latéral info, Paris
jdemelon@lateralinfo.net
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