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Politique
Politique
ivoirienne
Va-t-on
vers le règne des anciens fescistes ?
Martial
Joseph Ahipeaud, ancien secrétaire général de la fédération estudiantine et
scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) vient d’annoncer sa candidature à la
présidence de la république de Côte d’Ivoire au nom de son parti, l’Union pour
le développement et les libertés (UDL). Rallongeant ainsi la liste des anciens
patrons de la Fesci qui ont fait effraction dans le milieu politique ivoirien
à la faveur des nombreuses crises qui secouent ce pays depuis la disparition
de son premier président, Félix Houphouët-Boigny. Cette déclaration de
candidature n’est que l’aboutissement de son engagement auprès de feu le
général Robert Guéi qui conduisait la junte militaire après l’éviction du
président Henri Konan Bédié. Avec toutes les péripéties connues par le pouvoir
militaire et son éviction du pouvoir par la rue, celui qui a dirigé la fesci
de 1990 à 1994 a eu l’intelligence de garder le profil bas. Mais, la situation
ivoirienne actuelle se prêtant à n’importe quelle plaisanterie, l’homme a
refait surface. Et mieux, il veut briguer la magistrature suprême d’une Côte
d’Ivoire qui épouse aujourd’hui les contours d’une république bananière. Où le
travail, le mérite et la persévérance sont devenues des denrées rares. Seul
l’engagement politique est enseigné dans les écoles et lycées. Ce qui fait
qu’aujourd’hui le terrain politique ivoirien foisonne de résidus du système
universitaire. Qui végétaient pour la plupart sans véritable occupation
professionnelle. La situation de crise en Côte d’Ivoire s’est présentée à eux
comme une soupe populaire. Au prix de leur vie, ils n’ont pas voulu manqué
l’occasion. Aux premières heures de la rébellion ivoirienne, nombreux sont les
fescistes qui ont rallié les différents blocs en présences. Ainsi donc, du
côté de ceux qui contrôlent les zones sous la rébellion, on retrouve l’un des
anciens secrétaires généraux de l’organisation estudiantine et qui fait office
aujourd’hui de premier ministre, Guillaume Soro. Dans son sillage, gravitent
Siriki Konaté, un frontiste reconverti en rebelle pour des intérêts
pécuniaires et « Soul to Soul ». Tous sont frappés du sceau de la Fesci. Dans
le même bateau, se trouvait un certain Doumbia Major qui, aujourd’hui, entend
jouer les trouble-fêtes en créant son parti, le Congrès panafricain pour le
retour de la démocratie en Côte d’Ivoire (CPR). Une bien maigre rançon après
avoir lutté le poste de porte-parole de la rébellion avec Guillaume Soro. A la
vérité, cette autre trouvaille de Doumbia est une stratégie bien connue des
milieux politiques africains pour s’en mettre plein les poches.
Dans
l’antichambre du pouvoir ivoirien, on retrouve un autre bloc de fescistes
dirigés par le chef des jeunes patriotes ivoiriens, Charles Blé Goudé. Ancien
chef de la sécurité de Guillaume Soro, il dirigea le mouvement estudiantin
après le départ de ce dernier. Intouchable actuellement à Abidjan, on dit de
lui que c’est lui qui a donné sa poitrine pour sauver le pouvoir de Laurent
Gbagbo. Lui également est entouré d’anciens camarades dont Damana Pikas qui
après sa marche de protestation à Paris aux lendemains de la rébellion
ivoirienne est récompensé par un poste dans l’administration ivoirienne.
Précisément au ministère de l’intérieur. C’est fort de ce parachutage qu’il a
d’ailleurs conclu dans une interview que la Côte d’Ivoire de demain sera
gouvernée par d’anciens de la Fesci.
Le fait
n’est pas nouveau en Côte d’Ivoire si ce n’est que la génération actuelle est
plein de cancres éduqués dans la violence. Raison pour laquelle la situation
de violence que traverse la Côte d’Ivoire les arrange parfaitement. Au temps
du parti unique dirigé par feu le président Félix Houphouët-Boigny, certains
étudiants appartenant au mouvement des étudiants et élèves de Côte d’Ivoire (Meeci)
qui était la petite école politique du Pdci étaient cooptés. On leur assurait
une formation politique dans les instances du parti avant qu’ils ne se voient
confier des postes de responsabilité. De ce moule sont sortie des petits
monstres politiques comme Hamed Bakayago, actuel ministre ivoirien des Ntic
(Nouvelles technologies de l’information et de la communication) ou encore
Mahamadou Koné qui a longtemps assuré les rênes du mouvement de la jeunesse
Pdci et qui aujourd’hui encore est dans les instances dirigeantes de ce parti.
Anne-Marie N’cho
Le Latéral info, Bruxelles
annemarie_ncho@lateralinfo.net
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Laurent Pokou tabassé Plus Jamais ça !






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