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Politique
Forces
nouvelles:
Les masques sont en train de tomber petit-à-petit dans le rang des forces nouvelles. Même s'il n'a pas avoué ouvertement son désaccord avec les accords de Ouaga signés par Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le commandant de la zone 3 et patron de la compagnie Guépard ne cachent pas ses appréhensions dans l'interview qu'il a accordée au confrère "Jeune Afrique l'intelligent". Et ceux qui peuvent lire entre les lignes l'ont déjà compris. Déjà lors du regroupement des soldats de sa légion dans le cadre de la démobilisation, Chérif Ousmane avait reconnu que "si c'était pour arriver à cette situation hybride, il n'aurait jamais pris les armes". De quelle situation parlait le com-zone de Bouaké dans cette déclaration énigmatique? Il n'est cependant point besoin d'être charlatan pour savoir que l'homme fait allusion à la promesse de changement socio-politique faite aux populations sous leur contrôle. Alibi qui les aurait poussé à prendre les armes. Mais qui, malheureusement, a été tronqué contre des postes ministériels par Soro et autres qu'ils considéraient comme la branche politique fiable. Ce changement à 180° de ses compagnons n'a pas fait perdre la boussole à Chérif Ousmane qui reconnaît dans ses rares moments de lucidité, qu'un changement est nécessaire. Même s'il se laisse entraîner par Soro et compagnie comme feuille morte au gré du vent. Pire le patron de la compagnie Guépard reste convaincu que la rébellion version Soro n'a fait qu'amplifier les souffrances des Ivoiriens. "On fait comme si c'était la guerre qui était à l'origine de toutes les difficultés que traversent la Côte d'Ivoire actuellement. On se trompe, ou bien on veut nous tromper...Elles sont une cause, pas une conséquence", explique Chérif. Cette réaction du patron des guépards prouve que l'épouvantail de la crise que traverse le pays pour justifier la prise des armes n'était en réalité qu'un subterfuge pour des individus dont le seul souci était de s'en mettre plein la poche. En témoignent les braquages opérés contre les représentations des institutions financières. Pire, la rébellion n'a fait qu'ajouter aux souffrances des populations. Le patron de la compagnie Guépard en profite pour prévenir le petit gros sur la nouvelle rébellion qui pourrait naître au sein des forces nouvelles corollaire de la colère que ressentent les jeunes soldats face à l'enrichissement illicite de leurs chefs. "Si la situation de nos soldats n'évoluent pas très vite, ils n'écouteront plus personne".
Parlant des
élections, le com-zone de Bouaké, pour être clair, n'y croit pas tellement. Et
craint que ces élections n'accouchent d'une nouvelle crise qui pourrait être
plus sanglante que celle qu'on vit actuellement. Gbagbo voudrait selon lui
s'accrocher au pouvoir car il traîne trop casseroles.
Anne-Marie Ncho
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