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Politique Interview du Président de l’association des victimes de crimes et de répressions des zones CNO. "86 personnes sont mortes dans les conteneurs de Fofié" "Certains chefs de guerre ont fait des sacrifices humains" La récente proposition de l'Onu d'un amendement de la loi d'amnistie signée par le président ivoirien, Laurent Gbagbo aurait-elle donné de la voix aux victimes des exactions commises par les rebelles. Tout porte à le croire. Dans cet entretien, le président de l'association des victimes de crimes et répressions des zones CNO explique ce qu'il attend après les exactions avérées de certaines milices et de la rébellion. Claude TAPE: Bonjour Monsieur T.S, pourquoi voulez-vous garder votre identité secrète ? T.S. : Pour des questions de sécurité. Vous savez que je suis résident à Korhogo et que toute action de ce genre pourrait être suivie de représailles.
En tout état de
cause, la réconciliation n’implique pas qu’il faut fermer les yeux sur
l’impunité. Sur les violations flagrantes des droits humains. Le président
Gbagbo a d’ailleurs été clair sur la question quand il confiait à France 24
que la loi d’amnistie ne prend pas en compte les crimes de guerre et les
crimes économiques. En fait, il faut donc comprendre que notre combat contre
l’impunité s’inscrit dans la droite ligne de la réconciliation dans la
justice, la vérité et le pardon. Dans tous les cas, vous convenez avec moi
qu’il ne peut y avoir de réconciliation vraie sans justice préalable.
T.S. : Nous dénonçons sur pièces. Il y a certes eu des violations tant au nord qu’au sud. Mais les moyens optimaux nécessaires dans ce genre d’investigation ne nous ont pas permis d’étendre notre champ d’actions à la zone gouvernementale. Dans tous les cas, d’autres organisations sœurs y ont jeté leur dévolu pour aider à l’éclatement de la vérité. Pendant ce temps, nous travaillions sans relâche dans la zone où nous résidons. Claude TAPE: Vous êtes basés à Korhogo. Comment faites-vous alors pour recueillir les informations des autres régions ?
T.S. :
C’est simple. Notre message passe discrètement. Parfois, nous rencontrons les
parents des régions concernées dont vous parlez. Ou alors, nous y rendons. Il
arrive généralement que nos représentants locaux travaillent dans ce sens. Au
vu des pièces ou de témoignages crédibles, nous prenons en compte les
plaintes. Pour preuve ; les derniers événements des 26 et 27 décembre survenus
à Bouaké ; nous avons pu répertorier 28 morts dont la plupart ont été enlevés
à leur domicile pour être exécuté. Beaucoup de familles sont sans nouvelles de
leurs enfants enlevés soit par les éléments de CHERIF OUSMANE soit par ceux de
WATTAO. Et, cet état de fait cours depuis 2004. Certains témoignages font état
de prisons secrètes aux domiciles de CHERIF OUSMANE dont les pensionnaires
sont jusqu’à ce jour portés disparus.
Claude TAPE |
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