Le
président ivoirien, Laurent Gbagbo, fidèle à ses imprévisibles sorties, a
indiqué que le problème de son pays est empoisonné par une forte dose de
mensonges. Cette remarque sonne comme le mea-culpa de celui qu’on considère
comme étant un véritable boulanger dans les milieux politiques ivoiriens et même
africains. De lui, son actuel premier ministre, Guillaume Soro, lors d’un
passage au Gabon aux premières heures de la rébellion, expliquait qu’il lui
était très facile de mentir sans même avoir une goutte de sueur sur le front.
« Laurent Gbagbo par sa roublardise, en signant un décret le matin et en
l’abrogeant le soir, a montré qu’il n’était pas digne de diriger la Côte
d’Ivoire », a indiqué Guillaume Soro qui expliquait au public gabonais les
raisons qui les ont poussés à prendre les armes. En affirmant à Séguéla au mois
de juillet que le budget de l’élection présidentiel était bouclé avant de se
dédire deux mois après, Gbagbo, rejoint par son premier ministre dans la
roublardise, donnait la preuve que de graves vérités sont cachées aux
populations ivoiriennes sur la crise qui frappe leur pays depuis le 19 septembre
2002. Certains hommes politiques qui ne sont pas prêts à allers aux élections
dopent les populations en mensonges les plus grossiers au point où de simples
rumeurs suffisent pour créer l’émeute au sein d’une population qui souffre des
effets pervers de cette crise. Souvenons-nous récemment des rumeurs d’enlèvement
d’enfants qui ont failli faire basculer la capitale ivoirienne dans l’horreur.
Pour le président ivoirien, le retard dans les opérations d’identification est
le fait de la commission électorale indépendante. “Vous laissez l’arbitre et
vous dites que c’est Gbagbo qui est à l’origine de tout le retard. Là encore,
c’est du mensonge» a indiqué le président ivoirien. Une contre vérité d’autant
plus que tout le monde sait la situation traumatisante créée dans les centres
d’enrôlement par les jeunes patriotes et autres miliciens assujettis au pouvoir
ivoirien. La mauvaise foi est aujourd’hui la chose la mieux partagée en Côte
d’Ivoire. De sorte qu’il bien mal placé pour le président ivoirien de s’ériger
en donneur de leçon face à la montée en puissance d’un phénomène que lui-même à
contribuer à amplifier pour en faire une redoutable arme politique. En faisant
croire au défunt chef de la junte militaire, le Général Guéi qu’il avait un
destin de chef d’Etat, Laurent Gbagbo, lui avait-il dit la vérité ? En refusant
le poste du ministère de la défense aux rebelles aux premières heures de la
rébellion pour leur donner aujourd’hui la responsabilité de diriger le
gouvernement, le président ivoirien fait preuve d’une versatilité qui n’a d’égal
que le mensonge politique qu’il dénonce aujourd’hui. Lui et ses adversaires
politiques qu’il accuse de tronquer la vérité, c’est véritablement une histoire
de blanc bonnet et bonnet blanc.