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Politique
2ème Partie de
l’interview de Gohi Drigoné Faya Dans cette deuxième partie de son interview, Gohi Drigoné parle de la situation politique ivoirien, de son implication dans la création du mouvement des ivoiriens pour le renouveau (Unir) et ses actuels rapports avec Ibrahima Coulibaly (IB).
« Gbagbo et Soro ne peuvent pas apporter la paix en CI » « L’élection présidentielle ne se tiendra pas tant que le Fpi n’a pas toutes les cartes en main » « J’ai participé à la création de l’Unir, il appartient à IB » « Claude Sahi est un vendu »
Venons-en à la
situation politique. Quel regard portez-vous sur la gestion du duo Gbagbo-Soro
depuis la signature des accords politiques de Ouaga en mars 2007 ?
Pensez-vous que la paix est au bout de ces accords ? Je ne pense pas que la paix soit au bout de ces accords. Pour moi, la paix passe par l’union de tous les fils et filles de ce pays. Que tout le monde soit pris en compte une fois pour toute. Si ce n’est pas le cas, nous tournerons en rond sans trouver la solution à la crise. Les gens dirigent par orgueil. Ils pensent que faire une ouverture aux autres, c’est faire preuve de faiblesse, alors qu’eux même savent très bien qu’ils ne dorment pas tranquillement. C’EST QUEL PAYS TOUJOURS ON PARLE DE COUP D’ETAT ? Les pays européens ont associés tous leurs frères à la gestion politique de leurs pays ; ce qui fait que leurs pays sont stables. Et c’est dans ces pays que nos politiques mettent leurs familles à l’abri. Si le Ghana n’avait pas associé tous ses fils du pays à la gestion politique du pays, pour qu’il y ait la paix, est-ce que les gens iraient mettre leur famille à l’abri là-bas ? Soyons sérieux ! Le pays a tellement de ressources que les Ivoiriens ne méritent pas ce sort qui leur arrive. C’est ridicule et honteux qu’on parle aujourd’hui de plus de la moitié de la population qui ne gagne pas un euro par jour. Les déchets toxiques ont permis à certains qui sont déjà riches de s’enrichir de plus encore. Au moment où on dit aux ivoiriens que ça ne va pas et que les caisses de l’Etat sont vides, on parle de « nouveaux riches ».Ce sont les stations d’essences qui poussent comme des champignons à tous les carrefours d’Abidjan. Si Gbagbo lui même est contraint par les bailleurs de fonds à mettre de l’ordre dans la filière de CAFE-CACAO, c’est que la situation est pourrie. Les gens ont criés sur tous les toits que s’ils arrivent au pouvoir la situation des ivoiriens va changer. Ils sont aujourd’hui au pouvoir et rien ne marche. Pour masquer cette incompétence, tout est mis sur le dos de la guerre. Et comme la guerre a un dos large, elle prend tout à son compte. Autre tableau qui montre que le système est en déconfiture, regardez ce que sont devenus les concours au pays. Soit tu paies ou bien tu es pistonné par quelqu’un du pouvoir. On va même jusqu’à parler de liste de Blé Goudé ou de liste Gbagbo. Tous les concours sont pourris. Au temps du PDCI, ils se sont amusés avec tous les concours ; sauf celui de L’ENA ! Mais aujourd’hui, que représente ce concours aux yeux de l’ivoirien ? La tricherie ! Tous les étudiants médiocres sont aujourd’hui à L’ENA. Les étudiants sont déboussolés car après leur Maîtrise, ils deviennent des gérants de cabines téléphoniques ou des vendeurs de Garba(Attiéké). Croyez-vous en la tenue de l’élection présidentielle en cette année 2009 comme le souhaite la communauté internationale ? Si non, à votre avis, quel chemin prendre pour y parvenir ? Mon frère il ne faut pas se leurrer, il n’y aura pas des élections dans ce pays tant que le FPI n’est sûre de l’emporter. Cela peut se passer cette année s’ils sont vraiment sûre et certains de gagner. Le président du FPI disait« on gagne ou on gagne » ceci pour dire que même s’ils perdent les élections dans les urnes ils vont s’imposer par les armes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les milices tardent à disparaître. C’est par la contrainte qu’il faut emmener le FPI à organiser les élections cette année. Sinon, si ce sont les frontistes qu’on attend, on peut toujours continuer d’attendre. L’une des phrases favorites de Gbagbo c’est bien « allons doucement car nous sommes pressés ». Donc il va à son rythme. Ce sont les autres qui doivent imprimer une cadence à la chose. Quel regard portez-vous sur l’opposition ivoirienne ? Pensez-vous qu’elle est de poigne pour contraindre Laurent Gbagbo d’aller aux élections ? Les dirigeants de l’opposition attendent que Gbagbo organise les élections pour qu’eux prennent le pouvoir. Tant qu’ils seront assis tranquillement dans leurs salons feutrés, en tout cas le pouvoir ce n’est pas pour aujourd’hui. Il est rare en Afrique, de voir un président au pouvoir organiser les élections et accepter de les perdre. Tant qu’ils n’occupent pas les rues chaque jour, ils n’auront pas cette élection présidentielle. En tout cas cette opposition actuelle, avec leurs méthodes que je connais n’est pas encore de poigne pour contraindre Gbagbo à l’organisation des élections. Elle peut l’être si elle change sa méthode. Elle est aussi affaiblit par le fait que certains membres passent leurs temps la nuit avec celui qu‘ils combattent le jour. En fait je veux dire qu’elle est infiltrée. Autre décor politique, il semble que vous ayez à un moment donné été proche de la création de l’Union Nationale des Ivoiriens du renouveau (Unir), parti qui, dans un passé proche, se réclamait du sergent-chef, Ibrahim Coulibaly dit IB. Qu’en est-il ? C’est vrai que j’ai participé à la création de ce parti et après j’ai pris du recule. Quand vous avez été syndicaliste et que vous avez traversé les mêmes péripéties que moi, vous flairer les choses de loin. Je m’attendais à une dislocation car il y avait des individus que je ne sentais pas trop. On assiste aujourd’hui à une guerre de paternité entre l’ancien secrétaire dudit parti, Claude Sahi, tombé dans une sorte de dissidence, et le reste du groupe resté fidèle à IB. Qui selon vous peut prétendre à la paternité ? De qui voulez parler ?
Je veux parler
de Claude Sahi qui se dit président de l’UNIR.
Monsieur Faya revenons au parti politique unir. Concernant ce parti, Claude n’a jamais assisté à aucune des réunions constitutives. Il ne sait même pas comment nous l’avons fait. Lorsqu’on créait ce parti il était à Abidjan en train d’errer aux frais d’IB. Pendant toutes les assises, il était en mission. Il était simplement informé que ce parti se créait et qu’il devait occuper le poste de secrétaire. En aucun cas et nulle part dans les textes initiaux il a été dit qu’il serait président du parti. Mais plus tard, comme il a la malhonnêteté dans les veines, il va tripatouiller les textes avant de les déposer au ministère de l’intérieur avec lui comme Président. C’est d’ailleurs ce comportement inélégant qui a fait que bon nombre d’entre nous, dont Maître Diomandé Mamadou; avons automatiquement pris du recule. Nous savions ce qui allait arriver. Ce monsieur a quel moyen pour créer un parti politique avec un siège, le meubler et payer les factures. Depuis longtemps je savais que ce monsieur était un double agent. Il travaillait pour SORO et Gbagbo. Ces deux étaient informés de tous ce que nous faisions comme activités. Nous savions tous les vas et vient nocturnes qu’il effectuait à la présidence chez Gbagbo. Aujourd’hui quand il se défend qu’il ne dort pas à l’hôtel du golf, qui veut-il distraire ? Qu’il assume son choix. J’en suis arrivé à la conclusion que ce monsieur est un « vendu ». Même son intervention dans le journal le temps est une diversion pour masquer qu’il marche avec Soro. Puisque si l’interview apparaissait dans «Nord-sud», les ivoiriens sauraient rapidement qu’il travail pour SORO. Abidjan est grand mais petit en même temps, quand on pense être caché, on est rappelé à l’ordre par tout le monde. Le dos du nageur Claude est très visible. Concernant la paternité de ce parti, Claude Sahi Soumahoro tente simplement de cacher le soleil avec la main. Tous les ivoiriens savent qui est le vrai propriétaire de ce parti. Ses gesticulations actuelles concourent d’une pièce de théâtre savamment orchestrée par ses actuels employeurs. J’ai pitié pour lui et je voudrais que le Seigneur en fasse autant. Je ne savais pas que la misère pouvait plonger certains aussi loin dans les méandres de l’immoralité. Je ne sais pas pour combien de temps peut-il continuer à jouer à ce jeu auquel je le donne perdant. Si tu as choisi d’aller avec Soro vas y tranquillement sans faire de tapage autour de ta personne, sachant que toi-même tu n’es que l’ombre de toi-même en Côte d’Ivoire. Lui Claude Sahi, il doit dire merci à IB. Il n’étais qu’un illustre anonyme. Que représente-t-il en Côte d’Ivoire ? Il se dit ancien fesciste. Les fescistes qui ont marqué leur époque sont connus. C’est une usurpation lorsqu’il dit que ce parti lui appartient. Mais d’autre part il est obligé de le dire car c’est grâce à cela qu’il a pu rencontrer SORO à Ouaga et c’est grâce à cela qu’il peut continuer à errer aux frais de Soro. Vous n’êtes donc pas d’avis avec Claude Sahi qui présente IB comme un cheveu sur la soupe de l’Unir ? Un cheveu sur la soupe de l’UNIR ? Ce n’est pas sérieux de sa part car ce monsieur lui a rendu d’énormes services. Ce n’est pas parce qu’il a de nouveaux amis qu’il faut le traiter de la sorte. Je vous l’ai dit, un traitre fini toujours mal. Je parie que ceux mêmes pour qui il se déculotte aujourd’hui ne lui font pas entièrement confiance car ils savent aussi qu’il travail pour Gbagbo. L’avenir nous dira à qui appartient unir. Mais la réelle paternité d’un parti c’est le terrain. On verra cela avec le temps. Claude peut mobiliser qui ? Mais lorsque le ciel va se dégager sur le pays et que chacun sera libre de ses mouvements, il y a certains qui se disent présidents on verra où ils seront. Vous semblez avoir été aussi proche de Claude Sahi que d’IB. Partagez-vous l’accusation de trahison dont Claude l’accuse? Le traitre c’est lui, car ce parti appartient à IB, s’il ne se sent plus là-dedans, il est libre de partir comme nous l’avions fait. Au lieu de passer son temps à mentir et à vouloir justifier le fait qu’il ait vendu son âme au diable. Il brandit le coup d’Etat manqué dénommer « Noël à Abidjan » comme preuve pour condamner IB et se désolidariser de lui. N’est-ce pas que l’argument tient la route ? Il brandit « noël à Abidjan » mais lui-même, on l’a pris dans quoi à Abidjan ? Quand il affirme qu’il a fait la prison. Etait-il entrain de faire un meeting politique ? Il faut qu’il trouve quelque chose d’officielle car tout le monde sait qu’il est un traitre et il finira traitre. Maintenant, il à l’ occasion de devenir animateur à la RTI puisque son nouveau maître tient les rênes de la primature, alors qu’il en profite sans distraire les gens. Soyons sérieux, lui même affirme qu’il était dans le bois sacré, ça veut dire beaucoup de choses.
Vous semblez
ne pas avoir la même image d’IB que Claude. Cela sous-entend-t-il un
rapprochement entre vous et le sergent-chef ?
Avez-vous des contacts avec IB ? Je n’ai pas de contact avec lui. Côté professionnel. Avez-vous des projets en vue pour le pays ? Je vous l’ai dit tantôt, pour le moment je me consacre à mes activités et au bien être de ma petite famille. Quand au pays, il m’intéresse toujours. Car tout ivoirien qui aime vraiment son pays ne peut pas le délaisser entre les mains des pilleurs !
Interview réalisée par Jacques Demelon |
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