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Politique
Election
présidentielle en Côte d’Ivoire 29 novembre 2009
Faut-il y croire ?
L’opposition
ivoirienne et la communauté internationale peuvent se frotter les mains. Le
président Laurent Gbagbo vient de donner une nouvelle date pour l’élection
présidentielle sans cesse reportée depuis 2005, fin de son mandat. « Le
collège électoral de la République de Côte d'Ivoire est convoqué le dimanche
29 novembre 2009 en vue de procéder à l'élection du président de la
République", a annoncé M. Soro en lisant un décret adopté par le Conseil des
ministres. "Le scrutin sera ouvert à 07H00 (locales et GMT) et clos à 17H00",
a précisé le chef du gouvernement ivoirien, estimant que la date du 29
novembre était "réaliste". Faut-il croire en cette nouvelle date ? C’est la
grande question qui trotte déjà dans les esprits des populations ivoiriennes
qui gardent en mémoire les reports de 2005 et 2007. Des interrogations
d’autant plus fondées que le parti au pouvoir, l’opposition et les forces
nouvelles, sont engagés dans une guéguerre sur certains obstacles à lever
avant d’aller à l’élection présidentielle. En donnant une date, fut-elle
réaliste selon le premier ministre, le président ivoirien cède à la pression
de la communauté internationale et de l’opposition et reporte à demain le
règlement des obstacles auxquels son parti et lui tiennent comme à la prunelle
de leurs yeux. Etant convaincus que le temps n’est pas opportun pour se mettre
dans la logique d’un blocage au moment où le monde entier réclame de lui une
date pour l’élection. Dans sa logique de toujours rejeter les fautes sur les
autres, Laurent Gbagbo ne veut nullement être pris dans son propre piège.
Donner une date ne touche pas à la quintessence de son pouvoir. Signer des
décrets et les abroger par la suite est devenu son quotidien. Et ce se ne sont
pas des situations de blocage à soulever à la dernière minute qui manque sur
le tableau ivoirien. En évoquant en même temps que la promesse d’une date
d’élection le cas des com’zones qui refusent de passer les pleins pouvoir aux
préfets, le président Laurent Gbagbo prévient en même temps la communauté
internationale sur ce qui pourrait être son prochain argument pour faire
volte-face. Il avait, avant cette déclaration, donné un mois à Soro pour
mettre ses singes en cage.
Etant convaincu que le premier ministre qui pèse
moins qu’un coton maintenant dans ses zones aura fort à faire avec des
individus dont la perte des prérogatives hante l’esprit comme la mort hante
l’esprit d’un être humain. Cette stratégie de la terre brûlée, si elle porte,
le président Gbagbo pourrait par la suite exiger de la rébellion un désarment
total avant la date de l’élection présidentielle. Comme le souhaite son parti,
le front populaire ivoirien (Fpi). Convaincu là encore que la bande à Soro,
qui fait attention au retour du bâton, voudra absolument passer le cap de
l’élection avant de rendre tout son arsenal de guerre. Car n’ayant jamais fait
confiance à la bonne foi du président Laurent Gbagbo. Outre ces mesures qui
relèvent du terrain militaire, le travail de la commission électorale
indépendante (Cei) qui ne semble pas préoccuper outre mesure les différents
acteurs pourrait faire l’objet d’une contestation au moment venu. Là-dessus
déjà, le président ivoirien a prévenu avant de donner une date. « Je
n’accepterai pas qu’un ivoirien soit oublié par les opérations de recensement
et d’identification », pour dire que son parti et lui se réserve le droit de
contester le travail de la Cei. Or déjà des voix se lèvent pour contester les
chiffres de ladite commission. Mais pour l’instant tout le monde fait semblant
de ne pas les entendre. Même s’ils ne le disent pas ouvertement, Gbagbo et le
Fpi attendent leur heure et laisse la marmaille (opposition et force nouvelle)
faire le boucan pour le moment à travers des déclarations tapageuses. Pour
l’heure, tout le monde savoure la désignation de la date. Pour le reste, seul
l’avenir situera les ivoiriens.
Claude
Tapé
Le Latéral info,Bouaké
claudetape@lateralinfo.net
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