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Politique

Après la forfaiture de Soro and Co

Peut-on dire d'IB qu'il est un "Lâche" ?

 

Depuis leur forfaiture l'écartant de la rébellion ivoirienne qu'il a pourtant savamment orchestrée, Soro Guillaume et ses sbires ont toujours cherché à coller au sergent-chef Ibrahim Coulibaly l'image d'un poltron qui n'hésiterait pas à prendre la poudre d'escampette au premier pépin. Une campagne bien menée auprès des hommes de rang a fini par les convaincre sur ce qui n'est en réalité que le fruit de l'imagination d'une bande de roublards. Ils auraient pu réussir sur toute la ligne si l'un des leur, Zakaria Koné, dont l'amnésie est passé ne s'était rebellé pour révéler au monde entier la machination dont Ibrahim Coulibaly a été victime avec la complicité de certains hommes politiques qui voulaient s'offrir la rébellion. "Les chefs militaires ont reçu pour mission d'expliquer aux hommes sur le terrain que Major n'était pas le chef", a indiqué le commandant Zak qui croupit aujourd'hui dans les geôles du Burkina Faso pour s'être rebellé contre Guillaume Soro. Le major IB n'est certainement pas le justicier de nos bandes dessinées ni le Rambo qu'on imagine, mais on ne peut pas lui enlever sa soif de justice et d'égalité pour un pays qu'il a dans le sang. Et par deux fois déjà, le "lâche" qu'on veut le faire passer a marqué l'histoire de la Côte d'Ivoire. Quand sous le régime autocratique de l'ex-président Aimé Henri Konan Bédié, qui malheureusement prétend encore à la magistrature suprême du pays, les opposants n'avaient plus de solutions et qu'ils tremblotaient sous l'épée de Damoclès qui planait sur leurs têtes, il a fallu ce jeune sergent-chef de l'armée ivoirienne pour briser la chaîne en le déposant. D'aucuns ont qualifié sa manière magistrale de mener cette opération de "révolution des œillets". Un coup sans effusion de sang qui a été salué au plan international tant la situation devenait intenable en Côte d'Ivoire. Comme le commandant Massoud qui mené le combat de la libération de Kaboul sans occuper le poste de président, Ibrahim Coulibaly tendra la main au général Robert Guéi pour mener la transition militaire avec pour objectif de nettoyer la maison, remettre le compteur ivoirien à zéro et organiser des élections présidentielles à laquelle aucun militaire ne devait se présenter. Malheureusement, le jeune sergent avait oublié que le pouvoir ça grise quand on s'y frotte un peu et que les hommes comme Amadou Toumani Touré du Mali ne courent pas les rues. Ce combat pour la grande démocratie sera dévoyé lorsque le général Guéi décide de tronquer son treillis contre une veste de candidat à la présidence. Pour ne pas être gêné dans ses nouvelles ambitions  politiques, le général trouve la parade de l'éloignement. IB est alors envoyé comme attaché militaire à Ottawa. Et certains de ses frères d'armes ont payé de leur vie la boulimie du pouvoir du général. Grosse trahison pour celui qui avait espéré donner une nouvelle chance à la Côte d'Ivoire de rebondir. Devenu candidat, Robert Guéi fermera les yeux sur toutes les blessures qui ont conduit au renversement du président Henri Konan Bédié. Surtout le phénomène de la crise identitaire qui faisait rage sur les bords de la lagune ébrié. Il sera même le cheval de campagne du général. La victoire de Gbagbo face aux illusions du général ne changeront rien au climat social qui reste tendu entre les ivoiriens. Cette situation est vécue durement par Ibrahim Coulibaly qui a pourtant espéré que les choses aillent dans le bon sens. Le solide militaire d'environ deux mètres, qui avait entre temps déserté son poste d'Ottawa pour rallier Paris et ensuite le Burkina Faso, n'entend pas laisser son œuvre entamée depuis 1999 vouer à l'échec par la faute de "politocards" qui ne respirent qu'au rythme de leurs intérêts. Avec certains de ses camarades, il reconstitue un noyau pour revenir à la conquête de la tour d'ivoire. Pour lui, pas question de répit tant que la souffrance des Ivoiriens ne connaît pas un terme. Celui qu'on veut faire passer pour un "fuyard" s'organise et refait surface avec ses hommes dont Chérif Ousmane, actuel com zone de la zone 3, Ouattara Issiaka dit Wattao, chef d'Etat major adjoint des Forces nouvelles (hic), Morou Ouattara, Fofana Losseni, Fofié Kouakou, Koné Messamba, Zakaria Koné, pour ne citer que ceux-là. C'est grâce à la stratégie mise en place par leur chef, qu'ils appelaient d'ailleurs excellence, que ceux qu'on appelle aujourd'hui les rebelles ont pu occuper 60% du territoire ivoirien. Une rébellion qualifiée au début de civilisée tant les consignes de ne pas toucher à un cheveu de la population étaient respectées à la lettre. Contraignant Laurent Gbagbo à la négociation. D'où vient aujourd'hui que ces hommes dont la traîtrise n'a d'égale que leur immoralité nient la paternité de cette rébellion à Ibrahim Coulibaly? Faisant passer aujourd'hui Guillaume Soro pour leur chef. Lorsque l'ex-Fesci flânait à Paris sans pouvoir s'inscrire à l'Université de Paris V, qui a payé son billet pour rallier le Burkina Faso? Serait-ce Wattao qui préparait les sauces arachides et qui se tape la poitrine aujourd'hui? Après s'être rempli les panses, ils peuvent aujourd'hui voir en celui qui les a tous accueillis au Burkina Faso un "lâche" lorsqu'ils fuyaient les griffes de Guéi et ensuite de Gbagbo. Au fallacieux motif qu'il n'était pas sur le terrain. Un justificatif qui découle leur ignorance des règles militaires. Pourtant les films militaires sont là pour nous enseigner. Les têtes pensantes et les stratèges sont rarement ou même pas sur les fronts. Le théâtre des opérations appartient aux hommes de rang. Imaginons qu'un chef d'Etat major se fasse tuer au premier coup de fusil. Ce sera la réédition de ses troupes. Si on continue de parler de rébellion en Côte d'Ivoire, c'est grâce à la maestria de IB. D'où vient-il qu'il est "lâche"? Les véritables lâches sont ceux qui n'ont pas hésité à dévoyer le combat pour la justice et l'égalité pour des prébendes. Les véritables lâches sont ceux qui, avec la complicité de certains hommes politiques, ont volontairement écarté IB en lui créant des ennuis judiciaires à Paris aux fins qu'il ne rejoigne pas les troupes à Bouaké où il s'apprêtait à mettre les pieds. Les véritables lâches sont ceux qui montent des séquences vidéo à coup de millions de francs cfa pour salir l'honorabilité de l'homme. Les véritables lâches sont ceux qui se sont servis des populations comme bouclier humain pour se remplir les poches. De quoi ont-ils peur ceux qui s'apprêtent à se payer des exils dorés pour la plupart au Burkina Faso où ils se sont offert des palais au quartier chic de Ouaga 2000 pour donner tant d'énergie à vouloir salir quelqu'un qui ne les calcule même plus? Ils peuvent toujours continuer leur rengaine. Mais qu'ils sachent que comme le "lion" du Pandjsir, le commandant Massoud, que le Major Ibrahim Coulibaly tient toujours à son combat. Celui de la liberté et de la justice pour tous les Ivoiriens. Et un tel combat, on le réussit toujours d'une manière ou d'une autre.

 

Abdelhaziz MAROUFI
Le Latéral info, Bouaké
amaroufi@lateralinfo.net          

                                                               

 

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