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Politique Processus électoral A la croisée des chemins, la Côte d’Ivoire trottine
En effet, à l’approche de la date référentielle du 29 Novembre 2009, en vue de la tenue du premier tour de l’élection présidentielle, la classe politique ivoirienne, devenue fébrile, évolue dans une logique du tout ou rien. Après avoir pendant longtemps tergiversé, les protagonistes de la crise actuelle ont signé l’accord de Ouagadougou en Mars 2007. Ils en ont, par la suite, vanté les mérites en relevant son caractère exceptionnel. Et partager les dividendes au prorata des capacités militaires et/ou politique. Et deux ans après, c’est le statut quo. Car les causes, identifiées, de la guerre qui n’ont jamais fait l’objet d’un consensus réel expliquent en partie le manque de célérité dans la conduite du processus de paix Ainsi, côté Forces Nouvelles, on parle d’un conflit identitaire subséquent à des abus faits à l’endroit d’une certaine catégorie d’ivoiriens ou encore d’une injustice électorale causée par la mise à l’écart de certains candidats jugés potentiellement représentatifs d’une majorité relative. Du côté présidentiel, on estime plutôt avoir été injustement attaqué par une bande armée organisée, torpillés dans la mise en œuvre d’un programme, dit de refondation, censé répondre aux préoccupations des ivoiriens. Conséquence, de part et d’autre, dans une posture de légitime attaque ou défense, ce sont des crimes contre l’humanité, et économiques, aux allures d’un tsunami juridique postélectoral, qui constituent la véritable frayeur des acteurs de l’Accord de Ouagadougou. Tout de même, au sein de l’opposition politique réellement constituée par le PDCI de Henri Konan BEDIE et le RDR de Alassane OUATTARA, l’on est convaincu que cette élection pourrait entrainer une déchéance politique. De telle sorte que les stratégies et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ses fins sont très pris au sérieux. Dans ce contexte, sur les plans politiques, économiques et militaires chacun des candidats potentiels joue son va-tout quand les Forces Nouvelles dans l’antichambre observent en maquisards avertis. Ce faisant, les Forces Nouvelles qui ont réussi à remettre le désarmement après les élections et disposent encore d’un pouvoir économique grâce à la gestion d’une bonne partie des ressources de leur zone d’occupation dite CNO (Centre, Nord, Ouest) croient détenir un moyen de pression pour toujours avoir son mot à dire tout au long du processus de sortie de crise. Mais pour l’instant, elles se plaisent bien à profiter de tous les dividendes que consacre le processus de paix conduit par le gouvernement SORO. Car tous les milliards injectés dans le processus de sortie de crise, sont des gisements à l’enrichissement rapide et illicite. Le FPI disposant des mêmes avantages que les Forces Nouvelles et qui avait cru qu’après l’appel à la cogestion du pouvoir adressé à la direction des Forces Nouvelles, elles se laisseraient entrainer dans des compromissions à grande échelle, a été désillusionné par les différentes réactions de la base des Forces Nouvelles, parfois souvent exprimées violemment. L’attentat manqué contre l’avion du secrétaire général des Forces Nouvelles avait été, selon des sources averties, une stratégie pour le parti au pouvoir qui aurait permis de se lancer dans une autre aventure guerrière. Face donc à cet échec, la seule stratégie qui tienne depuis cette époque, est de tout mettre en œuvre pour retarder le processus de sortie de crise. L e prétexte de fraude massive sur l’identification constitue la niche du moment. Et les moyens pour retarder le processus ne manquent pas. La preuve ayant été déjà faite avec l’enrôlement qui prévu pour durer 45 jours a duré finalement près d’une dizaine de mois. Pour l’heure, le Général Philippe Mangou, chef d’Etat Major des FDS-CI a rappelé, à ceux qui s’agitent dans le noir et qui semblent avoir oublié l’existence de son armée, qu’il dispose encore d’une capacité à frapper fort. Le PDCI, habituellement dit pacifiste, assuré d’avoir des bases sur toute l’étendue du territoire et des partisans au sein de la Hiérarchie militaire et civile à tous les niveaux de l’administration, est très optimiste. En la matière, le PDCI qui se base sur sa capacité de mobilisation et sa notoriété au sein d’une bonne partie de la population entend employer la même stratégie que le FPI pendant la transition militaire de 2000. Il s’agira d’utiliser ses représentants au sein de l’administration publique aussi bien militaire que civile. Aussi par le maintien de ses portefeuilles ministériels il est assuré d’avoir des ressources financières. Tous ces moyens mis en œuvres permettraient au PDCI de s’imposer pendant et après le scrutin. Au niveau du RDR, convaincu sur la base de statistiques dont on eux seuls connaissent les secrets d’avoir un avantage potentiel au niveau du corps électoral, ses militants se préparent à défendre cette potentialité qui s’annonce rude. Car le FPI et même le PDCI peuvent être de très sérieux adversaires pendant cette phase. Ceci dit, le RDR est donc pressé que ce tournant soit abordé le plus tôt possible, afin de ne pas compromettre la possibilité d’avoir, cette année, des élections. Aussi, bénéficiant du soutien des Forces Nouvelles, le RDR compte s’en servir pour écraser le FPI et le PDCI. Ne pouvant compter sur ses cadres militants ou sympathisants au sein de l’administration, car étant pour la plupart écartés, c’est plutôt sur sa base électorale et sur la force militaire et politique des Forces Nouvelles. Aussi, n’excluant pas l’intervention de ses entrées dans les milieux officiels français. En attendant, la suite à donner à tout ce drame, nous ne pouvons que prier que ces fous et aveugles se ressaisissent. Car, la grande pauvreté des populations, les éboulements de terrains causés par la pluie, l’apparition de nouveaux foyers de déversements des déchets toxiques, la résurgence de discours guerriers, la dégradation avancée des voies routières, la grande insécurité, les appels à la désobéissance civile et militaire, la poursuite illicite de l’armement des deux blocs et l’imminence toujours réelle d’un conflit armé, nous inquiètent davantage.
Zié Koné
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