Processus électoral en Côte
d’Ivoire
Vers un Nième report de la présidentielle
La
pilule pourrait être dure à avaler pour tous les Ivoiriens qui ont fondé un
réel espoir sur la dernière date pour la présidentielle donnée par le couple
Gbagbo-Soro. Au fur et mesure qu’on avance vers la date référentielle du 29
novembre 2009, les choses ne vont pas au mieux pour le processus électoral
ivoirien. Pourtant, lorsque le président français Nicolas Sarkosy a parlé d’un
processus électoral défaillant, on lui est rentré dedans. Et quand Bernard
Kouchner a indiqué la déception de plus en plus grande la France, on a estimé
qu’il torpillait les accords politiques de Ouaga. Malheureusement, le même
refrain est repris par le représentant spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire. Y.
Choï, évoque lui-même les risques d’un report si les autres étapes qui suivent
l’opération d’identification n’étaient pas abordées dans les brefs délais.
"Si nous ne tenons pas dans les délais impartis à chaque étape (du processus
électoral), il y a des risques d'un glissement d'ensemble du chronogramme
(calendrier) au-delà de l'échéance" du 29 novembre, a-t-il prévenu. Une
information qui doit rabattre le caquet à ceux qui ont versé dans les injures
inutiles contre les autorités françaises. Mais elle doit certainement faire
plaisir aux jeunes patriotes à la solde du président Laurent Gbagbo dont l’un
des responsables, Clément Nado, a appelé à une occupation de la rue pour tous
ceux qui n’ont pas pu se faire enrôler. Si cet appel est entendu, la
Commission électorale indépendante (Cei) pourrait être freinée dans son élan
vers la prochaine étape. Qui est le croisement des données issues de
l’opération d’identification afin de publier la liste électorale. Cet appel à
la manifestation de rue vient après le plaidoyer de Charles Blé Goudé pour une
prorogation de la période d’identification. Même s’il estime une grande
majorité des enrôlés pour son candidat Laurent Gbagbo, l’ancien compagnon de
Guillaume Soro dit plaider pour ceux qui n’ont pas eu la chance.
Même s’il n’est pas de la galaxie patriotique, le très controversé patron du
syndicat des travailleurs « Dignité », Mahan Gahé, s’est également prononcé en
faveur d’une rallonge de l’opération d’identification.
Autant de voix qui se lèvent risque fort bien de gêner le bon suivi du
chronogramme établi par la Cei. Ce qui est d’ailleurs le souhait du front
populaire ivoirien (Fpi), parti au pouvoir. Qui cherche la petite bête pour ne
pas que les choses avancent dans les normes et dans le temps. Et ce ne sont
pas les éléments de blocage qui lui manque. Des petites attaques contre les
opposants jusqu’aux grands mouvements de blocage tout est déjà planifier par
les stratèges de ce parti qui savent qu’ils ont le soutien total des jeunes
patriotes.
Disons-le tout net, l’élection présidentielle du 29 novembre prochain relèvera
du miracle. Car ceux mêmes qui l’ont avancé n’en ont pas la conviction. N’en
déplaise à ceux râlent actuellement et qui pensent que Y Choï est hors sujet.
Marie Laure Koutouan
Le Latéral info, Abidjan
malako@lateralinfo.net