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Le deal... de Ouaga.


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Politique

Sorite de crise en Côte d'Ivoire
Attention à la planification d'un génocide

 

A vouloir trop tordre une branche, on finit par la rompre nous enseigne la sagesse. Aussi bien les institutions internationales, la rébellion que la classe politique ivoirienne voient les élections présidentielles comme la seule et unique porte de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Et tout le monde se focalise sur la date du 30 novembre fixée par Gbagbo et Soro pour la tenue de ces élections. Oubliant du coup que ces élections doivent être la sanction de tout un processus savamment mené dans tous ces compartiments. Si tous les accords de Lomé à Accra en passant par Marcoussis ont échoué dans leur application, ce n'est pas parce qu'ils ne prévoyaient pas d'élections présidentielles. C'est simplement parce que les obstacles à lever avant d'y parvenir n'ont pu l'être face à la mauvaise foi des uns et des autres. Les différentes résolutions des nations unies n'ont pas connu meilleur sort. Les accords de Ouagadougou signés en mars 2007 ont été applaudis à rompre les muscles par les parties qui les ont signés. Les Ivoiriens attendaient donc beaucoup de ce deal de Ouaga entre Soro et Gbagbo avec comme parrain le très contesté et monstre froid qu'est le président burkinabé, Blaise Compaoré. Malheureusement, ils risquent pire que ce qu'ils ont jusque là vu comme abominable dans cette crise. Tous les feux sur la feuille de route des accords de Ouaga sont en train d'être brûlés à une vitesse qui ne conduit qu'à la catastrophe. Et ce, avec les bénédictions de toutes les parties engagées dans la résolution de la crise ivoirienne. Après réunion du cadre de concertation permanent, regroupant les principaux leaders ivoiriens il y a quelques mois à Yamoussoukro, les participants avaient assurés que tout baignait dans l'huile. Quelques jours seulement après, le président du rassemblement des républicains (Rdr), Allassane Dramane Ouattara, soulevait le problème de la sécurisation des élections face aux groupes d'auto-défense et autres milices qui foisonnent dans le pays. Une situation d'insécurité reconnue par les représentants des droits de l'homme de l'onu en Côte d'Ivoire. Qui dans leur rapport signalait la présence de bandes armées qui pourrissent l'atmosphère des populations de la région ouest. Ce rapport pose donc la question de réussite effective du désarmement. Nombreuses sont les milices qui disposent de leur arsenal au vu et au su de tous. Ni les éléments de la Licorne encore moins ceux de l'Onuci ne s'implique de manière effective dans le désarmement de ces milices. On préfère laisser faire tout en sachant que cela pourrait constituer un frein à un moment donné. Dans le soroland, rien ne va plus. Chaque jour a ses bruits de bottes. Au point où le président Laurent Gbagbo et son caniche Charles Blé Goudé se sentent obligés de donner un coup de main à Bogota. Après "Gbapêh", il deux semaines, c'était autour de Gbagbo de faire un tour à Séguéla et à Vavoua pour calmer les hommes de rang de Soro pour encore faire croire à la communauté internationale que tout baigne. Que les deux signataires des accords de Ouaga tiennent bien la route. Mais toute cette mise en scène cache mal les nombreux problèmes à résoudre avant les cinq mois qui séparent des élections présidentielles. La récente réunion du comité d'évaluation et d'accompagnement des accords, la cinquième du genre, a reconnu clairement que rien a été résolu depuis la signature desdits accords. Désarmement mal fait. Malgré le feu d'artifice organisé à Bouaké, les éléments d'un camp comme de l'autre disposent encore de leur arsenal. Dans ce cas comment parler de démobilisation et réinsertion ou encore de sécurisation des élections? A cela vient s'ajouter le problème de logistique. Reconnu d'ailleurs par le représentant spécial de Ban-Ki Moon en Côte d'Ivoire. Choi Jin que recevait le président du Pdci, Aimé Henri Konan Bédié, la semaine dernière dit avoir décelé trois obstacles :" le financement, la sécurisation et la logistique". Tous se focalisent sur le financement des élections alors qu'il existe de réels dangers d'un enlisement en Côte d'Ivoire au cas où toutes les opérations menant à des élections propres et transparentes ne sont pas bien résolues. Autant les institutions internationales que les parties prenantes à la crise ivoirienne savent que les accords de Ouaga n'ont jusque là pas donné les résultats escomptés. Qu'à cela ne tiennent, on veut des élections. Même si cela doit entraîner le chaos en Côte d'Ivoire comme ce fut le cas au Rwanda, en Rdc et dans pas mal de pays africain.

 

Abdelhaziz MAROUFI
Le Latéral info, Bouaké
amaroufi@lateralinfo.net
    

 

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