Elections présidentielles
Gbagbo se dédouane quant à un
probable report
Le
président ivoirien, Koudou Laurent Gbagbo, était bien présent à Séguéla le
lundi dernier. Le patron de Guillaume Soro est venu donner un coup de pouce à
son poulain qui semble ne plus rien maîtriser dans les zones sous son
contrôle. Surtout après la démission fracassante du mythique chef de guerre de
cette zone, Zakaria Koné, actuellement en exil au Burkina Faso et dont les
éléments réclament le retour et la réintégration. Gbagbo a annoncé l'évangile
comme à son habitude. "Je suis venu vous apporter la bonne nouvelle que la
guerre est finie, elle est définitivement derrière nous", a indiqué le
président ivoirien à ses compatriotes "koyakas". Mieux, le mari de Simone a
expliqué aux populations que les élections présidentielles auront bel et bien
lieu le 30 novembre 2008. Mais en même temps qu'il le leur annonce, Koudou
évoque la probabilité d'un report qui pourrait être indépendant de sa volonté
à lui. "Au lieu d'attendre, préparez-vous aux élections parce que les
élections auront réellement lieu. Si vous n'êtes pas prêts, il ne faudra pas
m'accuser. Car, il y a longtemps que je crie que les élections auront lieu le
30 novembre", a prévenu Laurent Gbagbo. Une manière pour Koudou de non
seulement se dédouaner s'il arrivait que les élections soient reportées mais
aussi et surtout d'impliquer les populations dans la sensibilisation des
jeunes de leur zone qui contestent la chefferie du petit gros. Etant convaincu
qu'une révolte dans le soroland risque d'avoir une répercussion sur le
calendrier des élections. A la vérité, le président ivoirien autant que son
premier ministre cherche un bouc émissaire à l'échec des accords de Ouaga. Ces
accords, parrainés par le président burkinabé, Blaise Compaoré, dégageaient un
certain nombre d'étapes à franchir pour arriver aux élections.
Malheureusement, aucune des étapes n'a été correctement évacuée. Ce qui laisse
planer aujourd'hui le danger d'un report sur les élections présidentielles
prévues dans un peu moins de cinq mois. Le Comité d'évaluation et
d'accompagnement né des accords a reconnu lors de sa cinquième réunion à
Ouagadougou, il y a deux semaines, que les obstacles devant conduire à des
élections transparentes demeurent encore.
Claude Tapé
Le Latéral info, Séguéla
claudetape@lateralinfo.net