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Politique

Sortie de crise en Côte d'Ivoire

Gbagbo et Soro mènent tout le monde en bateau

 

"La vérité assiste toujours aux obsèques du mensonge", a-t-on coutume de dire. Sur la chaîne internationale française, France 24, il y a trois semaines, le président ivoirien, Koudou Laurent Gbagbo, annonçait que toutes les conditions étaient réunies pour que les élections présidentielles prévues pour le 30 novembre prochain aient lieu. "Si j'avais même la possibilité de prendre un autre décret pour rapprocher la date, je l'aurais fait", a indiqué Koudou. Même son de cloche du côté de son valet, Guillaume Soro. En visite à Bruxelles pour racketter les bailleurs de fonds, le petit gros avait laissé entendre à la communauté ivoirienne réunie à l'ambassade de Côte d'Ivoire que tout allait bien au pays. Que rien ne gênerait la tenue des élections à la date prévue. Malheureusement, plus on avance vers la date indiquée sous la pression des organisations internationales (qui voudraient une grande visibilité avant de dégager les fonds promis), plus les Ivoiriens sont sceptiques quant à la tenue de ces élections à la date prévue. Et certains faits, tout en contredisant l'optimisme béat Soro et son patron, enfoncent les plus sceptiques des Ivoiriens dans un pessimisme justifié. Deux jours après la sortie d'un des lieutenants de Guillaume Soro, Chérif Ousmane dans les colonnes de "Jeune Afrique l'intelligent", pour mettre en garde contre tout retard dans le paiement de la solde de démobilisation des soldats ex-rebelles (90 000), Bouaké, la capitale de rébellion, a été une journée mouvementée. Les soldats démobilisés ont pris la ville en otage pour réclamer le paiement de leurs primes. Cet incident constitue le deuxième du genre après la désertion fracassante du commandant de la zone 5, Zakaria Koné, qui prouve que les zones de Guillaume Soro sont dans une période de turbulence qui pourrait être préjudiciable à la sortie de crise. A ces deux faits, il faut ajouter un troisième, la volatilisation d'environ 600 soldats dans la nature. Qui visiblement n'ont aucune envie de rendre les armes. Malgré les soubresauts du directeur des forces nouvelles, Sindou Cissé, pour tenter de minimiser cette histoire, des inquiétudes persistent. Dans le camp présidentiel, même son de cloche. Les haut-les-cœurs des soldats prennent du retard. Ce qui n'est pas de nature a amener un climat de sérénité au sein de la grande muette. Si les soldats dits loyalistes ruminent leur colère dans le grand silence, ce n'est pas le cas des milices qui se présentent comme un os dans la gorge de Koudou Laurent Gbagbo. Certaines crient haut et fort leur désaccord avec le sort qui leur est réservé. Surtout après les accords de Ouaga (capitale du Burkina Faso), signé en mars 2007. Même si le président ivoirien invite les éléments de ces milices et ceux de la galaxie patriotique à ne pas monnayer leur patriotisme contre les espèces sonnantes et trébuchantes, eux ne l'entendent pas de cette oreille face au luxe dans lequel baignent certains  de leurs compagnons de lutte. Et menacent de se faire entendre au moment opportun. De quelle manière? On ne saurait le dire. Toujours est-il que ces différents faits dans un camp comme dans l'autre laissent planer des menaces réelles sur le processus de paix en Côte d'Ivoire.

 

Anne-Marie Ncho
Le Latéral info, Bruxelles
annemarie_ncho@lateralinfo.net

 

 

 

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