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Politique Alliance politique
Le PDCI d'Henri Konan Bédié est à la croisée des chemins.
Sa première erreur politique vient du fait de revenir au devant de la scène politique ivoirienne seulement deux années après sa chute en décembre 1999. En effet, alors qu'il vivait en exil en France, Bédié, encouragé par Chirac, décide, non par conviction mais par obligation envers la nébuleuse francafrique, de porter son soutien à la rébellion ivoirienne qui déclencha le 19 septembre 2002. Coup de théâtre lorsqu'on sait que la plupart de ceux qui composait la tête politique et militaire de cette rébellion était également les cerveaux de sa chute. Une alliance contre nature et surprenante qui s'officialise lors de la table ronde de Marcoussis du 15 au 24 janvier 2003. Bédié aura même eu l'ingénieuse idée de proposer à la rébellion de s'appeler Les Forces Nouvelles afin qu'elle se revêtisse du manteau politique dans les batailles politiques contre Gbagbo. Bédié venait ainsi de donner sa bénédiction à une rébellion parrainée par le RDR d'ADO, son pire ennemi de tous les temps. Dans sa course haineuse contre Laurent Gbagbo, le président du PDCI, dont les tactiques sont dictées par des réseaux qu'il ne maîtrise guère, commet sa plus grave erreur politique qui a affaibli à jamais le parti de Félix Houphouët-Boigny. Le 18 mai 2005, Bédié signe à Paris une plate-forme politique nommée Rassemblement des Houphouëtiste pour la démocratie et la paix (RHDP). Une plate-forme régissant les principaux partis de l'opposition dont Le RDR, l'UDPC et le MFA. C'est en fait une alliance Bédié-Ado. Et personne même le citoyen lambda ne lui prédisait de longs jours. Bédié et ADO sont de pires ennemis sur la scène politique et les baisers de judas donné face aux caméras avaient un dénominateur commun. La haine contre Gbagbo. La haine et la politique ne faisant pas bon ménage, le patron du PDCI avait oublié et même perdu toute stratégie de mobilisation de ses troupes dont les plus fervents sont au centre et au nord du pays. Alors qu'il est dans une alliance avec le RDR et Les Forces Nouvelles, le PDCI est interdit d'exercer ses activités politiques dans le centre et le nord du pays. Une absurdité que Bédié laisse faire. Abandonnant ainsi le plus gros des militants de son parti aux mains de la rébellion et du RDR. Le résultat on le connaît, les ralliements en cascades des cadres du parti á la cause d'un Laurent Gbagbo alors affaibli. En somme le président du PDCI a multiplié petites et grosses erreurs qui ont fini par convaincre qu'avec lui le plus vieux parti court à sa perte. Sous Bédié, le PDCI s'est disloquée trois fois avec la création de trois grands partis que sont le RDR de ADO, l'UDPCI et l'UDCY de Mel Théodore, sans compter le pléthore de mouvements politiques des cadres du parti s'inscrivant désormais comme des adversaires à Bédié. Au moment où il foule le sol du centre et du nord pour mobiliser le parti, quels militants aura t-il en face après huit années de choix périlleux?
Jean Luc Kondo |
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