POLITIQUE
CRISE IVOIRIENNE
Retour à la case de départ
Sommes nous sortis de
l'ornière comme Gbagbo et Soro tentent de le faire croire au peuple et á la
communauté internationale? Pas plus sûre, la tension qui règne dans les zones
sous contrôle des forces nouvelles après le départ de Zakaria Koné n'empêche
pas d'affirmer qu'il y a encore de quoi s'inquiéter. Si les mêmes causes
produisent les mêmes effets, il y a à craindre que le puzzle se reconstitue
peu à peu. L'une des pièces maîtresses qui nous permet d'avoir un tant soit
peu de visibilité est le retrait fracassant de Zakaria dont le divorce d'avec
Soro ne fait plus l'ombre d'un doute. Ce qui est certain c'est que Zakaria a
finit de dire à Soro qu'ils ne partagent plus les mêmes points de vue quant à
la conduite de la rébellion et de la résolution de la crise. Ceci est un
problème interne à la rébellion ivoirienne qui réjouit tellement Gbagbo
car il l'avait prévu depuis qu'il a mis Soro sous sa coupe en le nommant
premier ministre. Et comme le chef des réfondateurs ne sait pas cacher ses
émotions, il est le premier à annoncer à coup de communiquer que Zakaria se
trouve "sous contrôle des autorités burkinabés". Comme à son habitude il croit
que ce sont les autres qui assureront la sécurité de la Cote d'ivoire. Si
Laurent Gbagbo se réjouit du malheur de Soro, qui perd du crédit après la
désertion de son plus charismatique chef de guerre, son rire est jaune car il
sait mieux que quiconque que les choses ne sont pas faites pour bercer ses
nuits. En rejoignant en exil, un à un, Ibrahim Coulibaly alias IB, leur chef
originel, les chefs de guerre reconstituent ainsi le groupe de soldats de
septembre 2002 qui réclamaient une véritable démocratie pour la Côte d'Ivoire.
Même si un petit nombre a été lâchement assassiné par Soro, il n'en demeure
pas moins que le fait que ceux qui sont en vie se reconnaissent désormais en
IB, clos le débat sur le vrai patron de cette rébellion que certains tentent
d'attribuer à Soro.
Peut-on honnêtement souhaiter la paix pour son pays et laisser des officiers
supérieurs, soldats et chefs de guerre pas des moindres en exil et faire
croire au peuple que la paix est pour demain? Au risque de passer pour des
oiseaux de malheurs, à l'instar de certains observateurs avertis du marigot
politique ivoirien, l'on est tenté d'en déduire que la sortie de crise
par des élections ne feront que baisser la tension mais la menace reste
permanente. Une vraie réconciliation devrait en l'état se tenir afin que tous
les fils de ce pays ne soient pas contraints à l'exil.
Jean Luc Kondo
Le Latéral info, Abidjan, Côte d'Ivoire
jlkondo@lateralinfo.net