RDC:
rupture Bruxelles-Kinshasha
Un nouveauté vent sur la diplomatie Nord-Sud
Le président Joseph
Kabila vient de rappeler son ambassadeur à Bruxelles pour consultation et
fermer son consulat à Anvers. Le fils du père n'a pas du tout apprécié la
sortie d'un sujet du roi belge qui affirme avoir une obligation morale de
critiquer la mauvaise gestion des autorités congolaises. Pourtant sa première
gaffe faite il y a un pratiquement un mois avait provoqué une levée de
bouclier du gouvernement congolais. "Nous ne sommes plus au temps des
relations maîtres-esclaves", avait indiqué le président Congolais au ministre
des affaires étrangères belge. Malheureusement, abonné aux gaffes, le chef de
la diplomatie belge qui vit encore dans l'illusion que la RDC est toujours le
jardin de la couronne de Belgique, aurait récidivé. Cette fois, le président
Kabila a fait l'économie de salive et d'encre. Il a simplement rappelé son
ambassadeur à Bruxelles et fermé son consulat à Anvers. Une réaction qui, à
bien d'égards, ressemble à une rupture des relations diplomatiques entre les
deux pays.
Dans un tout autre registre, le
président rwandais, Paul Kagamé, parrain du golden boy congolais avait engagé
un bras de fer avec la France chiraquienne lorsqu'il avait été mis en cause
dans l'assassinat de son prédécesseur, Juvénal Habyarimana. Le juge Bruguière
par qui le malheur était venu, venait là de se rendre coupable de la rupture
des relations diplomatiques entre Kigali et Paris.
Dans un cas, peut-être moins
grave, le gouvernement gabonais avait réagi à l'expulsion d'un de ses
étudiants par les autorités françaises en expulsant un certain nombre de
ressortissants français jugés illégaux sur le sol gabonais.
Trois pays, trois exemples, et de
nombreux d'autres à travers l'Afrique qui dénotent de ce que les rapports
Nord-Sud sont en train de prendre une autre tournure. La vieille diplomatie
est en train de faire place celle de la vérité et du respect mutuel.
Anne-Marie N'cho
le Latéral info, Bruxelles
annemarie_ncho@lateralinfo.net