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Politique

Rébellion ivoirienne
Vers une fin douloureuse

 

En revenant sur la thèse de « pas d’élection sans désarmement », le front populaire ivoirien (Fpi) a donné matière à conclave à la  rébellion ivoirienne en panne sèche  depuis la signature du quatrième accord complémentaire de Ouaga en novembre 2007. Et pourtant, même si la politique du parti au pouvoir est loin de faire l’unanimité, il devance de loin la rébellion de Guillaume Soro dans la gestion des compromissions faites pour la sortie de crise. Le parti du président Laurent Gbagbo en initiant le dialogue direct avec la rébellion savait parfaitement où il allait. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de Soro and Co pour qui ce dialogue direct représentait la porte de sortie idéale de sortie pour jouir des retombées de cette crise qui dure depuis sept ans. Chaque jour qui passe ajoute un peu plus à la douleur de Guillaume Soro même s’il répète à qui veut l’entendre que l’élection présidentielle aura lieu cette année. Après l’homologation des grades de certains de ses militaires et le nombre des éléments à intégrer dans la nouvelle armée, l’actuel premier ministre ivoirien avait cru réussir son tour de passe. Que non. Guillaume Soro n’avait pas compté avec l’embourgeoisement de ses commandants de zone qui ne veulent plus retourner dans les casernes loyalistes mais veulent être élevés au rang de préfets militaires de leurs zones de contrôle. Une exigence qui bloque en partie de redéploiement de l’administration et l’unicité des caisses de l’Etat. Ces nouvelles exigences prennent le relais des nombreuses révoltes de soldats des mois passés et qui ont mis à nu les dissensions entre les hommes de rang et la hiérarchie militaire des forces nouvelles qui ont aujourd’hui la configuration d’un conglomérat de petites milices indépendantes.

Les voix discordantes ne viennent pas seulement du terrain des opérations. Même au niveau du service de communication de Soro des indices d’une profonde division sont perceptibles. On n’arrive plus à se mettre ensemble. Son porte-parole, Sindou Méité, s’est fait rabrouer par le chef de la communication de la rébellion, Alain Lobognon avant de s’entendre dire par la base des forces nouvelles qu’il n’est pas un des leurs et donc qu’il doit la boucler quand il s’agit des sujets les touchants. Une cacophonie qui montre bien que le mur est lézardé aussi bien sur le terrain qu’au sommet et n’est pas loin de s’écrouler. Le conclave de lundi dernier qui était annoncé comme historique n’a couché que d’une sourie comme on pouvait s’y attendre. Les problèmes qui minent la rébellion et qui plombent la sortie de crise ont été occultés pour ne pas faire de fâché. On a préféré pinailler sur les petites phrases des dignitaires du Fpi. Annoncé dans un premier temps comme partie prenante à cette réunion, Guillaume Soro a, certainement par peur, décliné sa participation. Une absence qui en dit long même si le premier ministre était bien représenté. Aux premières heures de la rébellion, chaque fois que les choses coinçaient à Abidjan, Bouaké était son refuge. Le bail de confiance semble avoir fait place à la peur. Une peur chaque fois camouflée. Les soldats démobilisés mécontents avaient pris la capitale de la rébellion en otage quelques heures avant de réclamer une réunion avec Guillaume Soro. Ce dernier a décliné cette invitation jugée dangereuse. Dangereuse d’autant plus que le premier ministre soupçonnait un l’un de ses lieutenants, Ousmane Cherif d’être l’instigateur de ce mouvement d’humeur. Lui qui quelques jours avant, avait fait une sortie dans les colonnes de Jeune Afrique pour rappeler aux responsables politiques de la rébellion qu’ils devraient tenir leurs promesses faites aux jeunes soldats. Depuis lors la lune de miel entre le premier ministre et le patron de la compagnie « Guépard » devenait acide. Il a fallu l’intervention de Mustapha Chaffi, l’homme de terrain du président Blaise Compaoré, pour rapprocher les positions. Après une longue période de maladie, Ousmane Cherif est de retour à Bouaké. Si la population semblait bien contente de retrouver ce chef militaire, elle semble en vouloir à Guillaume Soro. Bouaké est en passe de devenir la bête noire du patron des forces nouvelles qui, par ses absences prolongées du terrain est aujourd’hui confondu à un banal individu. Personne n’ose lui dire pour l’instant qu’il est persona non grata. Ni Guillaume Soro, encore moins son état major ne peuvent certifier avoir le contrôle de la totalité des groupes militaires présents dans leur zone. Un désordre organisationnel qui laisse entrevoir que la rébellion version Guillaume Soro s’achemine lentement mais surement vers une sortie difficile qui risque de faire des victimes et non des moindres. Pour l’instant, Gbagbo observe…

 

Claude Tapé   
Le Latéral info, Bouaké
claudetape@lateralinfo.net

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