Coalition politique en Côte d'Ivoire : ADO quitte le RHDP
La
coalition des partis politiques se reconnaissant dans les idéaux de l'ex
Président ivoirien, Feu Houphouët Boigny est née suite aux accords politiques
sur la crise ivoirienne paraphés à Linas-Marcoussis en France. Composés
essentiellement du PDCI RDA de Aimé Henri Konan Bédié, du RDR de Alassane
Dramane Ouattara, de l'UDPCI de El Hadj Albert Mabri Toikeusse et du MFA de
Innocent Anaky Kobenan, le Rassemblement Des Houphouetistes pour la Démocratie
et la Paix, RHDP, est aujourd'hui à la croisée des chemins. C'est le lieu de le
dire tant nos sources sont formelles. En effet, selon des proches de Anaky
Kobenan, la dislocation de cette coalition est inévitable. De plus en plus, il
est bruit que ADO est en passe d'accepter le rapprochement stratégique voulu par
Laurent Gbagbo. Lequel rapprochement, loin de faire renaître le Front
Républicain, l'ancienne alliance qui regroupait le FPI et le RDR, 1995 à 1998,
aura pour principale mission de phagocyter le retour au pouvoir de N'Zuéba, du
nom du Président déchu, Car pour l'un ou l'autre, il est préférable d'opter pour
le moindre mal. L'un et l'autre convaincus de l'esprit revanchard, de
l'arrogance, du caractère tribal et de sa dextérité en matière de mauvaise
gouvernance, ne sauraient accepter le retour du sphinx de Daoukro aux affaires
de l'Etat. Le chef d'orchestre de ce concert serait le Premier Ministre
Guillaume Soro qui entend ainsi montrer sa bonne foi à ADO qui le soupçonne de
vouloir usurper sa place de leader au Nord. Toute chose qui a créé un froid dans
leur relation. Pour l'arrangement de toutes les chansons de cet album
Gbagbo-ADO, le maître d'ouvre serait sans doute le mythique Président burkinabé,
Blaise Compaoré reconnu au doigté magique. Les discussions selon nos sources et
confirmées par un diplomate burkinabé serait très avancée et la discrétion a été
conseillée par le facilitateur de la crise ivoirienne. Mais, non contents de ce
revirement, des partisans du MFA ont décidé d'ébruiter cet autre deal qui
fragiliserait leur formation politique. Anaky Kobénan, ex-allié de Laurent
Gbagbo n'a pas encore digéré le rejet de sa proposition de voir une candidature
unique au sein du RHDP. Candidature unique qui du reste devait permettre de
bouter l'actuel Président hors du pouvoir dès le premier tour. Toujours selon
des sources concordantes, l'évacuation des derniers soubresauts de ce deal ne
serait qu'une question d'heures. « Ils entendent surprendre tout le monde »
lâche notre interlocuteur. « Parce que ADO craint d'être accusé de trahison par
Bédié. » a-t-il martelé.
Depuis le déclenchement de la rébellion armée du 19 septembre 2002, le peuple
continue de souffrir.
L'espoir
qu'a suscité le déclenchement de l'insurrection armée du 19 septembre 2002 a
vite fait de s'ébranler suite à l'arrestation du chef du MPCI, le Sergent chef
Ibrahim Coulibaly. Pour mémoire. La rébellion à ses débuts était respectueuse
des droits de l'Homme et de la dignité humaine. Et surtout des biens privés et
publics. Mais il n'a fallu que son mythique et charismatique chef soit arrêté à
Paris pour que l'espoir d'une bonne frange de la population se volatilise.
Donnant lieu aux exactions extrajudiciaires, au pillage des propriétés
individuelles et collectives telles les banques et les magasins de particuliers.
Forts des acquis afférant à ces crimes, Soro Guillaume et ses valets trouvent
donc l'occasion d'aller se défouler à Ouagadougou, la capitale burkinabé. Les
lieux de prédilection pour assouvir leur sale besogne sont les boites de nuit
huppées de cette capitale. Comme à son accoutumé, Soro Guillaume aime adore
beaucoup "les fesses", la danse osée aussi. En compagnie surtout des filles de
joie de la capitale du pays des hommes intègres. La danse et les nanans, Soro en
raffole même quand le peuple souffre et crie justice, Soro Guillaume danse. Avec
les worossos. Comme pour dire
« peuple ! Souffrez, on s'en moque » pour vu que les intérêts libidinaux de
Bogota1er soient sauvegardés au détriment de ceux du peuple. Un sage
affirmait « une rébellion qui se dit civilisée et qui ne parvient pas à
satisfaire les besoins élémentaires des masses. Qui entraîne l'indigence des
masses et l'opulence de ses dirigeants, ne peut que se fasciser, se scléroser et
se condamner à la faillite certaine ». Le constat est là. Palpable. Comme si ce
sage était dans la zone des Forces Nouvelles.Vivement que les Forces Nouvelles
comprennent le cri de désespoir des populations et qu'elles aient l'humilité de
déposer les armes. Le peuple a assez souffert de cette lâcheté et de cette
trahison suprême.
ADO, UNE NATIONALITE ACQUISE DANS LE SANG
Alassane
Dramane Ouattara né le1er janvier 1942 à Dimbokro de Dramane Ouattara et de
Nabintou Cissé ou si voulez Nabintou Ouattara, qui semble du reste être la même
personne. Cet éminent économiste sorti des plus prestigieuses universités des
USA s'est révélé à la face de la nation ivoirienne quand il a été bombardé au
poste de Premier Ministre de Côte d'Ivoire en 1990. Alors que le pays
croupissait sous le poids de la récession économique, le fils(?) de Kong vint
comme un messie pour sauver la Côte d'Ivoire à travers le plan d'ajustement
structurel imposé par les institutions de Brettons
Wood. Ses
mesures qui allaient des licenciements de masse à la réduction des salaires des
enseignants ont satisfait les partenaires économiques. Il n'en a pas été le cas
pour les populations qui en ont payé le lourd
tribu.
De nombreuses familles ont été endeuillées parce que les chefs ne pouvant
supporter leur nouveau statut de chômeurs. Cette situation contribuera à
fragiliser le tissu social. Mais ce n'est qu'avec la mort du Président Houphouët
Boigny que ses vrais ennemis se sont signalés de la manière la plus remarquable.
Henri Konan Bédié, héritier ou successeur du père de la nation a vite fait de
créer le concept de l'ivoirité dans le but d'éliminer Ouattara du jeu électoral.
De démonstrations en démonstrations, le peuple a fini par persuader la majorité
des ivoiriens de ce que le docteur Alassane Dramane Ouattara était un vrai faux
ivoirien, Burkinabè d'origine et de naissance, de père et de mère eux mêmes
Burkinabès de souche. En tout cas, toutes les démonstrations ont été faites par
les tenants du pouvoir d'alors pour mettre à nue la burkinabéité de l'ancien
gouverneur de la BCEAO. « Ado n'est pas de Kong ; mais de Sindou, une petite
bourgade au sud du Faso. Si nous savons que son père Dramane était originaire
de Sindou, on peut se demander qui est sa génitrice Nabintou Cissé ou Nabintou
Ouattara ? Que la terre lui soit légère. En tout état de cause des voix se sont
là encore élevées pour dire que cette défunte n'était pas sa mère .Que pourrait
alors devenir l'humanité si chacun devait renier sa nationalité ou du moins ses
origines sur l'autel des ambitions
politiques. La
morale aurait-elle encore une place de choix dans nos sociétés? Simple question.
En tout état
de cause, ADO a fini par se rendre justice en créant ou en soutenant une
rébellion armée. Ses mains sont à jamais tachetées de sang, tant cette rébellion
a fait passer de vie à trépas de nombreuses personnes innocentes. Combien de
moi, moi et moi ne sont-ils pas morts pour donner la nationalité ivoirienne à
l'ex Premier Ministre de Côte d'Ivoire. D'ailleurs, Koné Zakaria, mythique chef
de guerre des Forces Nouvelles avait clairement affirmé au cours d'un meeting à
Mankono en 2004, en zone rebelle « C'est Ado qui nous a donné les armes. En
exil, il nous donnait 25 millions par mois. Nous avons pris les armes pour lui
et non pour quelqu'un d'autre. » Si dans les rebellions justifient leur prise
d'armes par des problèmes inhérents à la société, celle de la Côte d'Ivoire a
semblé visé un autre but. Celui d'octroyer une nationalité.
Bédié, Président en 2009 ?
Un chien ne change jamais sa façon de s'asseoir
Maintes
fois rejetées, les élections présidentielles en Côte d'Ivoire prévues pour se
tenir enfin, le 30 novembre prochain sera une fois encore atermoyées à une date
qui sera rendue publique cette semaine. Si les conditions techniques
d'organisation de ces élections semblent expliquer cette lenteur ou ces reports
interminables, de grosses inquiétudes subsistent cependant sur la sincérité
mieux sur la volonté réelle des signataires de l'accord politique de Ouagadougou
d'aller aux élections. Néanmoins, comme des dindons de farce, chaque leader
politique accentue les campagnes de propagande et les tournées électorales
onéreuses. Parmi ces candidats déclarés se trouve l'ex Président de la
République de Côte d'Ivoire, Henri Konan Bédié, également ex Ambassadeur de la
Côte d'Ivoire à Washington, ex Ministre de l'économie et des finances, ex
Président de l'Assemblée Nationale en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui Président du
PDCI RDA. N'Zuéba, du sobriquet du sphinx de Daoukro, après tous ces moments de
règne veut encore briguer le fauteuil présidentiel qu'il a perdu le 24 décembre
1999 à la suite d'un coup d'Etat militaire. Il s'agira, on s'en doute, pour
Bédié de jauger la solidité du cordon ombilical qui le lie à la population
ivoirienne mais aussi de reprendre le fauteuil qui lui "appartient".
Cependant,
HKB a-t-il la personnalité ou la capacité de diriger un pays où la cohésion
sociale est encore fragile. Celui-là même qui est réputé pour son arrogance, son
manque d'humilité, son manque de modestie. Le peuple pourra-t-il oublier de
sitôt l'autocratie bédienne à la veille du 24 décembre 1999 où le peuple était
embrigadé, martyrisé et réduit à la mendicité ?
Les discours
prononcées lors de ses récentes tournées dans les villes de l'intérieur du pays
illustrent bien cette grosse interrogation tant ils sont teintés d'orgueil, de
suffisance. « Disons non à la dictature du FPI » avait-il argué à Tiébissou. En
oubliant que sous son régime, la démocratie n'a été qu'un vain mot. Violation
des droits de l'Homme, crimes économiques, refus d'entendre raison ont été entre
autres les éléments saillants de son programme de gouvernement.
C'est vrai.
Il semble qu'il y a une amélioration dans l'attitude de Bédié. Mais le
comportement a –t-il changé ? Dans tous les cas, le chien n'a jamais changé sa
déhonté façon de s'asseoir.
La Rédaction