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Politique
Processus électoral en Côte
d’Ivoire
Interdit de donner son avis
La
France est-elle devenue le souffre-douleur des autorités ivoiriennes ? Tout
porte à le croire. Surtout après la tempête qu’a occasionnée la dernière
sortie de Nicolas Sarkozy lors de sa visite de soutien au peuple gabonais pour
les obsèques du président Omar Bongo. Le président français, à qui l’on prête
des intentions de soutien à Bongo fils pour succéder au père, a mis sa main au
feu pour crier son impartialité. Mais, il a également cru bon de saisir
l’opportunité pour faire la lumière sur certains processus électoraux dans
certaines anciennes colonies françaises dont la Côte d’Ivoire. Malheureusement
les termes choisis ont soulevés le courroux des faucons du parti au pouvoir en
Côte d’Ivoire qui ont proclamé unilatéralement le divorce. Sur la base de
théories aussi fallacieuses les unes que les autres, les fous du roi Gbagbo
sont rentrés dans une transe collective en dressant au passage au portrait
néocolonialiste de Nicolas Sarkozy. Situation inacceptable, selon eux. Surtout
de la part d’un fils d’immigré hongrois. Le genre de langage xénophobe qui a
fait d’ailleurs basculer la Côte d’Ivoire dans la crise profonde qu’elle
traverse aujourd’hui. Pourtant, la réaction du président français n’est ni
plus ni moins qu’un simple avis face à un constat d’inertie dans le processus
de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Un processus mal ficelé où les acteurs,
en véritables hypocrites, cherchent plutôt les meilleures postures dans
l’ombre pour se taper dessus que d’aller à la paix. Le constater et le dire de
manière crue met à nu leur petit manège. Ce qui n’est pas fait pour plaire au
camp présidentiel qui, dans ce jeu d’hypocrisie part favori, car la
roublardise de son chef est de notoriété. C’est cette erreur qu’a faite
Nicolas Sarkozy dont les services gèrent au quotidien le dossier ivoirien et
qui certainement sont bien au parfum des intentions inavouées sur le terrain
politique ivoirien. Sinon comment comprendre que celui dont la venue à la tête
de l’Etat français a suscité beaucoup d’espoir chez les frontistes puisse
subitement devenir le démon à exorciser ? Après le discours donné au Cap en
Afrique du Sud en février 2008 par le président français promettant plus de
marge de manœuvre aux régimes africains, son homologue ivoirien en disait
beaucoup de bien. Car cette intention de rupture d’avec l’ordre ancien qui
avait provoqué le couac entre lui et le prédécesseur de Sarkozy, Jacques
Chirac. Refusant à raison d’être le sous-préfet nommé par la France en Côte
d’Ivoire, Laurent Gbagbo avait réussi forceps à présenter Chirac comme
l’empêcheur de tourner en rond en Côte d’Ivoire. Malheureusement, depuis le
départ de ce dernier, les choses n’ont guère bien avancé en Côte d’Ivoire. Un
processus électoral bancale qui succède un processus de sortie de crise mal
exécuté ponctué par mille accords obtenus dans les quatre coins du monde.
C’est ce qui est la vérité dans le cas ivoirien. Et c’est ce que dénonce le
président français qui reste néanmoins attaché à la liberté que doit avoir le
peuple ivoirien de choisir librement celui qui doit le diriger. Mais
l’attachement à cette vertu démocratique n’empêche pas qu’on donne son avis
sur ce qui est réellement.
Nicolas Sarkozy n’est qu’un
nouveau venu dans le cercle de ceux qui ont essuyé le courroux des
refondateurs pour avoir osé donner leur avis sur le processus de sortie de
crise en Côte d’Ivoire. Chirac en sait bien des choses. Le fraichement
disparu, Omar Bongo, s’était résigné à ne plus rien dire sur le processus de
sortie de crise défaillant de ce pays. Car il l’avait osé et a été traité de
rigolo par le président ivoirien himself le 6 juin 2005 dans une interview
accordée à la chaîne France 3. Pour sa défense, le président gabonais, avec
sagesse, avait simplement indiqué qu’il ne descendrait pas plus bas que terre
pour aller parler à Gbagbo. Le sénégalais, Abdoulaye Wade, s’était vu attribué
une caricature de singe par les jeunes patriotes soutenant le président
Gbagbo. Une irrévérence qui l’avait fait rentrer dans sa coquille, laissant
aux Ivoiriens de gérer eux-mêmes leur vomissure. Que n’a-t-on pas entendu sur
le compte du président burkinabé, Blaise Compaoré, qui aujourd’hui, ironie du
sort se trouve être le médiateur de la crise ivoirienne ? Face à l’allergie
des refondateurs aux critiques, bon nombre des chefs d’Etat africains se
gardent de donner leur avis sur l’évolution de processus électoral. Se
contentant simplement d’apporter leur soutien à demi teinte à processus qu’il
jugent réellement défaillant comme l’a dit Nicolas Sarkozy.
Claude Tapé
Le Latéral info, Bouaké
claudetape@lateralinfo.net
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