LE FOLKLORE
IVOIRIEN
Le ballet
folklorique inhumain et désobligeant des gestionnaires de la République a
repris. Encore des rencontres et des concertations, nous dit-on, en vue de
régler les blocages liés à l’application de l’Accord IV de Ouagadougou. On
discute et on rediscute les mêmes termes avec les mêmes acteurs, en gardant le
même objectif, gagner du temps. Et affirmer que l’enjeu de la sortie de crise
demeure l’élection présidentielle n’est pas une vision erronée du jeu
politique ivoirien. Chaque camp s’y intéresse profondément. La Côte d’Ivoire
ira aux élections que lorsque, peut-être, les rapports du terrain électoral
seront relativement ou subjectivement à l’avantage des parties en conflits au
vue des grands intérêts qui sont en jeu.
Du côté des
Forces Nouvelles
Même si elles disent
officiellement ne pas être candidate à l’élection présidentielle en raison des
contraintes liées aux différents accords de paix, les Forces nouvelles ont à
craindre qu’en réalité la pérennité des acquis de la lutte armée et
idéologique ne soit fragilisée si le parti au pouvoir remporte l’élection
présidentielle. La refonte véritable de l’armée n’aura lieu qu’à l’issue de
cette élection. Aussi, les différents positionnements politiques en vue des
élections législatives et municipales se jouent-ils maintenant. Les actions,
à ce niveau, ont véritablement débuté avec l’accord de Ouagadougou qui a mis
en place un système de cogestion des ressources de l’Etat, mieux encore de co-pillage
des biens publics. Egalement, même si politiquement la rébellion reste
accrochée à ses acquis, elle a cependant choisie de jouir des opportunités de
détournement et autres avantages de fonction au mépris de la vision de ses
membres fondateurs. Devenue de manière circonstancielle, l’âme damnée des
refondateurs, elle peine encore à circonvenir ses troupes basées au nord dont
la détermination à la lutte reste intacte. D’où la circularité que l’on
observe après la signature des différents accords complémentaires de
Ouagadougou, notamment, Ouagadougou IV qui consacre le transfert des pouvoirs
des commandants de zones aux préfets et l’unicité des caisses de l’Etat. Et
c’est principalement à ce niveau que se joue l’enjeu politique et de
développement de la Côte d’Ivoire et de ses populations. Car cette situation
d’incompétence risque à terme de compromettre, la légitimité de SORO à
persister à la primature, même si pour l’heure ses collaborateurs et lui
semblent bien s’en accommoder.
Du côté du
FPI, parti au pouvoir
« On gagne ou on gagne »
Ce slogan qui vient pour nous enrichir des réalités politiques de la Côte
d’Ivoire est une interpellation faite à notre intelligence et traduit toute la
duplicité qui dénote la stratégie politique actuelle du FPI. Car on gagne
d’abord parce qu’on réussi jusqu’à ce jour à se maintenir au pouvoir de
manière illégale et par la complicité de la classe politique. Donc on gagne à
ne pas aller aux élections au risque de s’exposer à une défaite et à toutes
ses conséquences du point de vue juridique notamment, l’affaire Guy André
Kieffer. On gagne ensuite à aller à l’élection présidentielle dans la
perspective de la remporter et de s’offrir une autre opportunité de davantage
martyriser le peuple. Ce slogan anti-démocratique ne peut-être qu’un signe
avant coureur de ce qui attend les ivoiriens au regard de ce qu’ils vivent
déjà de la mauvaise foi, de l’indifférence et de la misère devenue
exponentielle, critique et vulgaire. Les collaborateurs du régime qui occupent
tous les grands secteurs de l’économie ivoirienne se battent pour les
maintenir en s’accrochant à leurs armes favorites que sont la propagande, les
faux complots et la délation digne de tous les régimes communistes et
totalitaires.
Koné Zié
Correspondant du Latéral info
Abidjan, Côte d’Ivoire
konez@lateralinfo.net