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Société
Afrique :
Santé
Combattre la tuberculose en luttant contre le sida
Des
progrès oui, mais… insuffisants. Selon un récent rapport de l’OMS, les pays
d’Afrique où le taux de sida est élevé, risquent de ne pas atteindre les
objectifs fixés par le programme mondial Halte à la tuberculose. Ce rapport
préconise un renforcement du dépistage du VIH chez les personnes atteintes de
tuberculose et de l’accès aux traitements.
La
tuberculose, une de nos plus anciennes ennemies, hantait déjà l’Afrique au
temps des Pharaons, certaines momies en portent encore les traces. Avec les
antibiotiques et le vaccin BCG, les médecins pensaient l’éradiquer en quelques
décennies, mais la maladie résiste sur le terreau de la misère et avec l’aide
du sida. Un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) paru en mars
dernier, fait état de plus de neuf millions de nouveaux cas par an dont 55 %
en Asie (Inde et Chine essentiellement) et 31 % en Afrique (Afrique du Sud et
Nigeria en tête).
Cette infection, qui tue encore deux millions de personnes chaque année, est
devenue une priorité de santé publique mondiale. En 2006, un partenariat
international baptisé Halte à la tuberculose a été mis en place, avec pour
mission la réduction de moitié des taux de prévalence (nombre total de cas) et
de mortalité en 2015 (comparativement aux données de 1990). Le continent
africain dans son ensemble a peu de chances de réaliser ces objectifs.
Certains pays y parviendront probablement, comme le Kenya, premier pays
d’Afrique subsaharienne à avoir atteint deux des cibles fixées par le
programme, le dépistage d’au moins 70 % des cas de tuberculose et 85 % de
traitement parmi les personnes dépistées. Mais globalement, sur le continent,
le nombre de nouveaux malades n’a pas diminué même si, la population
augmentant, la proportion de malades est légèrement moins élevée.
Ces progrès sont insuffisants et ce n’est pas un hasard. La tuberculose,
extrêmement contagieuse, par la toux et les crachats, s’installe là où la
misère perdure. Le manque d’hygiène et la promiscuité favorisent sa diffusion
au sein de la population. La sous-alimentation et la malnutrition fragilisent
les personnes ; les conflits et les déplacements de populations aggravent la
contagion et la vulnérabilité des malades… Un accès encore trop restreint à un
dépistage de qualité et aux traitements adaptés ne permet pas d’enrayer la
progression de l’épidémie.
À cette situation sanitaire déjà précaire s’ajoute la montée en puissance de
deux facteurs aggravants, la résistance aux traitements antibiotiques et la
co-infection avec le virus du sida.
Double dépistage systématique
La bactérie de la tuberculose est capable de se transformer pour résister aux
traitements. Ce phénomène, encore relativement limité en Afrique (prédominant
en Afrique du Sud), est en train de se développer. Mais, c’est surtout
l’association sida-tuberculose qui tue. Les personnes vivant avec le VIH
attrapent plus facilement la tuberculose, répondent moins bien aux traitements
et rechutent plus souvent.
Parmi les quinze premiers pays touchés par ces co-infections, treize sont
africains. C’est pourquoi le dépistage du sida chez les malades tuberculeux
doit être une priorité et s’accompagner de traitements adaptés, contre les
deux maladies à la fois. Aujourd’hui, en majorité, les malades tuberculeux et
séropositifs ignorent leur co-infection et n’ont pas accès aux traitements
antirétroviraux.
Cependant, la situation n’est pas désespérée. Le rapport montre que le
dépistage du VIH chez les malades tuberculeux traités progresse. En effet,
selon les pays, 37 à 75 % d’entre eux sont dépistés, alors qu’ils n’étaient
que 4 % en moyenne en 2004.
Il faut cependant rester vigilant, un retour en arrière n’est pas impossible,
car les sommes allouées à la lutte contre la tuberculose, bien qu’importantes,
demeurent insuffisantes et sont en constante diminution. "La crise financière
ne doit pas faire échouer le plan mondial Halte à la tuberculose. C’est
maintenant qu’il faut accroître le financement pour des interventions
efficaces de prévention, de traitement et de soins dans le monde entier", a
déclaré le docteur Michel Kazatchkine, directeur exécutif du Fond mondial pour
la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
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Laurent Pokou tabassé Plus Jamais ça !






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