|
|
|
Editeur Responsable
Pour recevoir notre Hebdomadaire |
Enquête sur le drame du Félicia
Pourtant il existe bel et bien des coupables tant au niveau fédéral que chez les forces de l’ordre qui doivent payer. Au niveau de la fédération ivoirienne de football (Fif), ce ne sont pas les éléments qui manquent même si nous ne devons pas nous substituer à la justice. D’abord l’ouverture tardive des portes du stade. Pour un match qui était sensé se jouer à guichet fermé, le bon sens aurait voulu que les portes d’entrée du stade Félix Houphouët-Boigny soient ouvertes assez tôt pour canaliser le monde qui était attendu à ce rendez-vous. Malheureusement, comme le montrent certains éléments filmés à l’extérieur du stade présent sur Youtube, la bousculade extérieure a été occasionnée par l’ouverture tardive des portes d’accès aux gradins. Les forces de l’ordre débordées par le flot de supporters ont, dans la panique, fait usage de la force et du zèle comme à leur habitude. Faisant usage même des gaz lacrymogènes là où le simple dialogue s’imposait. A l’intérieur du stade, le constat semble clair que les responsables fédéraux ont émis plus de billets que de places disponibles dans le stade. Pour les habitués du stade Houphouët-Boigny, cette pratique est bien connue lors des grands rendez-vous. Surtout pour les Eléphants dont la popularité dépasse le clivage politico-militaire en Côte d’Ivoire. Les espaces divisant les compartiments assis sont transformés en billets pour l’occasion. Résultat, on retrouve un stade plus plein qu’un œuf où le moindre mouvement de foule peut-être source de drame. Les responsables fédéraux en sont plus conscients que quiconque. Mais le désir de se taper une grosse marge bénéficiaire prend toujours le pas sur l’aspect sécuritaire dans l’enceinte du stade. Combien de fois les pompiers n’ont-ils pas eu de difficulté à atteindre quelqu’un qui suffoquait dans une tribune ? Ce sont autant de légèreté que devront prendre en compte les chargés de faire la lumière sur ce drame. Touches pas à mon Jacques… Le président ivoirien, feu Félix Houphouët-Boigny, avait bien raison de penser que celui qui a le bœuf sur la langue ne peut pas la remuer. Pendant que l’information judiciaire est ouverte pour situer les responsabilités et punir les coupables, une paradoxale chaîne de solidarité se forme autour du président de la fédération ivoirienne de football (Fif), Jacques Bernard Daniel Anouma dont la responsabilité ne saurait être exclue dans ce drame. Il a certes été entendu par l’instruction mais il est clair qu’on ne pourra pas établir son implication directe. On préfère s’acharner sur ses collaborateurs. La conférence des présidents de clubs lui affirme son soutien indéfectible, une association de journalistes sportifs également. A la vérité, ces différents soutiens tendent à camoufler la responsabilité de Jacques dans cette affaire macabre. Même si c’est une responsabilité au troisième degré, elle en est une. Le président de la Fif est tout aussi comptable de ce drame que certains de ses responsables fédéraux. Malheureusement son aisance financière est en train de prendre le pas sur cette vérité. Pouvait-il en être autrement quand la presque totalité des présidents de clubs de football émargent chez l’argentier de la présidence pour arrondir leurs fins de mois ou assurer le quotidien de leur club ? Pourtant Jacques Anouma doit payer pour ce drame parce qu’il a failli tout aussi que ceux qui sont brandis actuellement devant les média. La gestion du football ne se limite pas seulement à quelques succès glanés par les Eléphants ça et là mais également dans l’évènementiel qui les entoure. La décence et la logique voudrait qu’il ne soit pas sur la colline pour regarder ce drame de loin et avec mépris.
Jacques Demelon
|
Vérifiez de vous même l'actualité Actualité Ivoirienne
Actualité Africaine -
Le Confidentiel Africain
|
|
L'information à travers
les lignes
|