|
|
|
Editeur Responsable
Pour recevoir notre Hebdomadaire |
Culture Cinéma : Le fruit non mur Le Christ n’est pas un médecin
Bintou, épouse Konan Koulibaly, infidèle de son tendre mari, tombe enceinte de son amant, Michel (Séha Honoré), employé et « bras droit » de son employeur à KK Firm West Africa. Loin d’être un bonheur, Bintou met à découvert son infidélité car Konan, son époux, est devenu – dans le secret médical – stérile après avoir contracté une maladie à la suite de rapport sexuel avec une fille avant son deuxième mariage. Intrigué de révéler le nom de son amant, Bintou – naïve – se laisse entraîner dans un plan de Michel d’ôter la vie à Konan qui vient de faire, au bénéfice de son entreprise, une grosse affaire de 10 millions de dollar. Drôle de façon de sauver son foyer ! Et de porter le deuil…dans le remords. La solution de Michel, au-delà de faire tuer l’époux son employeur, est de s’accaparer l’argent et la femme qui porte – de façon délicate – son enfant. Comme dit la musique d’Obed Odukere dans le film, « l’ennemi tapis dans l’ombre te suce et te prend tout ce qui t’est le plus cher ». Ainsi, le sale boulot est confié à Christ, le médecin traitant de Konan au sein de l’entreprise. Commence la manipulation. Car le médecin – auprès de qui Konan se confie presque – est pris dans son jeu de se laisser séduire par Bintou et, en retour, de ne vouloir ou plutôt pouvoir trahir sa conscience professionnelle : falsifier – au départ – le bilan médical de Konan qui « tôt ou tard sera su ». Chantage. Coincé par des preuves qui l’accablent – des photos de lui et Bintou entrelacés – d’être l’amant de la femme de Konan, le médecin devenu troisième complice, accepte – contre son vouloir – d’empocher en contre partie un million de dollar sur les 10 millions pas encore à disposition. A condition d’injecter une dose mortelle au patient Konan loin de savoir que sa vie est, désormais, entre les mains d’un bourreau. Qui n’est pas un saint dans sa blouse blanche. Konan mort, la présidence du conseil d’administration revient à Salim Koulibaly, fils aîné du défunt et de sa première épouse décédée « 27 ans » au paravent. Sans grande expérience, Salim est aux yeux de Michel un « fruit non mur ». Pour succéder à Konan son père, Salim – qui véritablement entre en action après la mort – est choisit par le réalisateur Afam Okereke pour camper le rôle principal. « Quand on tu une fois, on peut tuer deux fois », se méfie Christ de Michel. Michel DG, à un pas d’occuper le fauteuil de PDG, attente à la vie de Salim – l’obstacle pour atteindre ses fins – en demandant les services de policiers corrompus plutôt très excités d’empocher leur prime que d’atteindre mortellement leur cible. Ben James, le scénariste dénoue les faits entre bureaux, salons feutrés, parkings. Avec de rares plans dans Abidjan où l’on reconnaît – néanmoins – un monument au Plateau et, dans la nuit, l’Hôtel Ivoire dans le périmètre du quartier Blokauss. Les plans sont plus intérieurs qu’extérieurs selon le regard voulu par le scénariste. Comme il a – d’ailleurs – voulu pour Adrienne Koutouan deux apparitions à l’écran : la phase d’enquête et l’arrestation de Michel et Christ qui, lui, n’est pas choisit pour poser à l’affiche comme Adrienne et Séha Claude. Si ceux-ci sont connus des cinéphiles ivoiriens sans avoir besoin de faire suivre leur nom au bas de l’affiche – comme c’est le cas des productions de Nollywood – le spectateur face à ce style est curieux de savoir l’identité des acteurs nigérians et ghanéens dans le film. A l’image de certaines réalisations nollywoodienne, Afam Okereke offre le décor de l’opulence dans lequel baignent des citoyens quand d’autres – très proches d’eux – cherchent à les spolier. Et l’histoire qui se tisse autour de Bintou et ses acolytes – Michel et Christ – embarque le spectateur dans un schéma qui n’est pas celui de l’instigateur Michel, pourtant près du butin. Qu’est-ce qui coince ? Bintou ne veut plus partager ce qui est maintenant son « bien familial ». Salim étant déclaré – par Michel – mort sans avoir retrouvé son corps. L’argent convoité est dorénavant un héritage de la progéniture de Bintou – morte à l’accouchement. Méfiante de Michel tout comme l’est l’imprudent Christ pris dans l’appât de Michel (et Bintou), Bintou a laissé après elle – pour servir de preuve – un enregistrement qui planifie la mort de son époux et une vidéo de sa naïveté avec Christ qui tombent dans les bras de Salim guérit de ses blessures. Long de 3 heures d’horloge, le film tourné en vidéo, est une rencontre d’acteurs ivoiriens (3), ghanéens et nigérians. Une différence avec « Stone face » qui rassemble Ivoiriens – Hamed Souané et Adrienne Koutouan – et Nigérians et tourné au Nigeria. « Le fruit non mur » pour l’esprit d’intégration sous-régionale par le cinéma est qualifié « premier film CEDEAO tourné en Côte d’Ivoire ». Parvenir à rassembler sur un même plateau de tournage Nigérians et Ghanéens auprès d’acteurs ivoiriens, en Côte d’Ivoire, était le défi à relever par Afam Okereke le réalisateur et le producteur Christian Orji. Cependant, ceux-ci souhaitent une implication du ministère de la culture et de la Francophonie, des autorités ivoiriennes, dans les productions cinématographiques.
K. Saydoo
|
Vérifiez de vous même l'actualité Actualité Ivoirienne
Actualité Africaine -
Le Confidentiel Africain
|
|
L'information à travers
les lignes
|